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Le symbole du coquelicot rouge qu’on porte le 11 novembre tire son origine du poème anglais «In Flanders Fields» («Au champ d’honneur»). Il a été rédigé par John McCrae, médecin et professeur canadien qui a participé à la Première Guerre mondiale.

Le texte fut écrit peu de temps après le sanglant baptême par le feu de la première Division canadienne au front ouest en avril 1915. L’Ontarien se trouvait dans les tranchées d’Ypres en Belgique. La région a été la scène des combats les plus sanglants du conflit. John McCrae a soigné des centaines de soldats blessés chaque jour. Il était entouré de morts et d’agonisants. La veille de la composition de son poème, il perd au cours des combats un de ses meilleurs amis qui fut inhumé dans une tombe de fortune marquée d’une simple croix de bois. Les coquelicots sauvages commençaient à fleurir à travers ces croix. Incapable de porter secours à cet ami ni à aucun autre soldat tombé au champ, John McCrae se fit leur porte-parole dans son poème.

Il décède à l’hôpital militaire britannique de Wimereux en 1918 des suites d’une pneumonie et d’une méningite à l’âge de 45 ans.

(Source: gouvernement du Canada)

Coquelicot blanc
La première campagne du coquelicot blanc fut lancée en Angleterre, en novembre 1933, par la Cooperative Women’s Guild. Cette organisation voulait non seulement commémorer toutes les victimes de la guerre, mais également manifester son rejet des conflits armés en se dissociant des commémorations faisant subtilement l’apologie de la force militaire.

L’année suivante, cette initiative fut appuyée par un nouveau mouvement pacifiste en Grande-Bretagne, le Peace Pledge Union qui prit en charge jusqu’à aujourd’hui la promotion du coquelicot blanc.

Au Québec, c’est le Collectif échec à la guerre, une coalition d’organismes de la société civile qui a vu le jour en 2002, qui a introduit le port du coquelicot blanc. L’organisme souhaite donner une plus grande visibilité au «courant d’opinion publique qui désapprouve le caractère étroit et militaire des cérémonies officielles et la récupération qui en est faite pour glorifier la guerre et justifier la participation du Canada à de nouvelles guerres», lit-on sur le site du collectif.

«Le 11 novembre, les commémorations officielles de la Légion royale canadienne pourraient malheureusement passer sous silence le fait que les victimes civiles des guerres sont beaucoup plus nombreuses que les victimes militaires», indique sur le site du collectif, François Avard, auteur et scénariste, coporte-parole de la campagne 2015 aux côtés d’Ariane Émond, journaliste indépendante et animatrice.

(Source: Le collectif échec à la guerre et Conférence religieuse canadienne)

Au champ d’honneur

Au champ d’honneur, les coquelicots
Sont parsemés de lot en lot
Auprès des croix; et dans l’espace
Les alouettes devenues lasses
Mêlent leurs chants au sifflement
Des obusiers.

Nous sommes morts
Nous qui songions la veille encor’
À nos parents, à nos amis,
C’est nous qui reposons ici
Au champ d’honneur.

À vous jeunes désabusés
À vous de porter l’oriflamme
Et de garder au fond de l’âme
Le goût de vivre en liberté.

Acceptez le défi, sinon
Les coquelicots se faneront
Au champ d’honneur.

–John McCrae

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