Jacques Boissinot Pierre Moreau. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau s’en est remis aux villes, mercredi, pour diminuer les dizaines de milliers de déversements d’eaux usées chaque année à travers le Québec.

M. Moreau a affirmé que le gouvernement n’a pas le pouvoir d’obliger les municipalités à améliorer leur bilan en cette matière.

Dans un point de presse, le ministre a affirmé que le rôle du gouvernement se limite à imposer des normes réglementaires ou à financer des projets qui permettent d’améliorer les infrastructures d’eaux potable et usée.

«Il y a une organisation sociale au Québec qui fait en sorte que les municipalités ont des responsabilités, a-t-il dit. La responsabilité des municipalités, c’est de doter leur territoire d’infrastructure. Le jour où le ministre des Affaires municipales va dire aux maires comment faire sur leur territoire, les premiers mécontents ça va être les maires.»

Des données du ministère des Affaires municipales indiquent que les villes ont effectué 45 000 déversements d’eaux usées, en 2013.

Ces informations ont permis de mettre en contexte la controverse suscitée par le déversement de huit milliards de litres d’eaux usées, qui a commencé ce mercredi à Montréal, dans le cadre de travaux de réfection sur le réseau d’égout.

Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a de son côté expliqué mercredi qu’il avait plaidé pour le développement d’une «culture de l’eau» au Québec, alors qu’il était ministre des Affaires municipales, pour promouvoir les investissements dans ces infrastructures.

«Quand on annonce un aréna, une bibliothèque, on coupe un ruban, les gens sont super contents, a-t-il dit en point de presse. Quand on fait des trous dans la rue pour passer des tuyaux, les gens sont très, très déçus.»

Avant une réunion des députés libéraux, M. Moreau a quant à lui répété aux journalistes qu’il faut réduire ce nombre de déversements, sans toutefois fixer d’objectif.

«Je pense que les priorités sont à la bonne place, a-t-il dit. Si votre question c’est: est-ce que vous êtes heureux de voir 45 000 déversements, la réponse, c’est non.»

M. Moreau a écarté la possibilité d’imposer des amendes aux municipalités en raison de leurs rejets.

«Est-ce que le gouvernement avance d’un seul pouce en exigeant d’une municipalité une amende qui va être payée par ses contribuables? La réponse, c’est non», a-t-il dit.

Le cabinet de M. Moreau a précisé que depuis 2014, le ministère de l’Environnement est chargé de gérer les informations et la réglementation sur les déversements et surverses d’eaux usées des municipalités. Ces dispositions exigent que la totalité d’entre elles aient une station d’épuration des eaux d’ici le 31 décembre 2020.

Le gouvernement a d’ailleurs relevé les seuils d’aide financière pour les petites municipalités dont les moyens sont limités pour construire des infrastructures, a rappelé le ministre.

Le leader parlementaire caquiste François Bonnardel a soulevé l’incohérence entre les autorisations consenties par le ministère de l’Environnement à Montréal alors que les citoyens sont soumis à des normes strictes concernant la gestion de leurs eaux usées.

«On demande aux plaisanciers de ne pas vider leur fosse septique dans les lacs, on demande aux riverains de changer leurs champs d’épuration et aujourd’hui on autorise 8 milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve», a-t-il dit.

La ministre des Relations internationales Christine Saint-Pierre a affirmé mercredi que le réseau diplomatique québécois a été mandaté pour contrer les perceptions négatives aux États-Unis, dont celles de l’Agence fédérale de protection environnementale des États-Unis (EPA).

Mme Saint-Pierre a expliqué que le délégué général du Québec à New York, Jean-Claude Lauzon, a été mobilisé pour atténuer les inquiétudes envers le déversement de Montréal.

«On a demandé à notre délégué à New York de faire une communication sur cette question là, a-t-elle dit. Il le faut parce qu’il y a eu des commentaires qui ont été faits alors il a fallu qu’on se mette en mode communication.»

Le cabinet de Mme Saint-Pierre a précisé que M. Lauzon a rencontré la semaine dernière l’équipe du sénateur démocrate Chuck Schumer, qui représente New York au Sénat des États-Unis, ainsi qu’Elise Stefanik, la représentante républicaine de l’État au Congrès.

Mardi, le délégué a rencontré le Commissaire à l’Environnement de l’État de New York, Basil Seggos, le commissaire-adjoint de l’Office of Water Ressources, Jim Tierney, ainsi que la sénatrice Patty Ritchie, membre du Sénat de l’État de New York.

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