Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

QUÉBEC – L’accès à un médecin spécialiste devrait en principe être bientôt facilité, grâce à l’entente conclue jeudi soir entre Québec et la Fédération des médecins spécialistes (FMSQ), en marge de l’adoption de la loi 20.

En vertu de cette entente rendue publique par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, vendredi, les médecins spécialistes devront notamment réserver des plages horaires spécifiquement dédiées aux patients référés par les omnipraticiens.

Le délai pour obtenir un rendez-vous sera fixé en fonction de l’état du patient. Il y aurait un accès privilégié pour ces patients, «en termes de jours ou de semaines», promet-il. Le nombre de plages horaires réservées variera selon les régions.

Le délai d’attente pour consulter un spécialiste à l’urgence devrait aussi diminuer. À l’hôpital, si son intervention est requise à l’urgence, le spécialiste devra se rendre disponible «en dedans de quelques heures», a commenté le ministre en point de presse.

Les spécialistes s’engagent aussi à gérer de façon plus serrée les listes d’attente en chirurgie.

Les échographies pratiquées en cabinet par les radiologistes feront partie du panier de services remboursés par la Régie de l’assurance-maladie (RAMQ), dès 2016, ce qui devrait également contribuer à faciliter l’accès, fait valoir le ministre. La mesure vaut 30 millions $.

Selon le besoin, certains médecins spécialistes devront accepter d’être le médecin traitant d’un plus grand nombre de patients hospitalisés. Ce changement pourrait avoir «un impact substantiel dans les hôpitaux», selon le ministre.

L’entente fait en sorte que Québec suspend l’application des sanctions reliées à la loi 20, adoptée cette semaine, jusqu’en janvier 2018.

Si les médecins spécialistes ne respectent pas les termes de l’entente d’ici là, ils devront se conformer à diverses mesures les forçant à se rendre plus accessibles selon les règles fixées par Québec, un scénario que la FMSQ a dénoncé et rejeté.

Une entente semblable avait été conclue récemment avec l’autre groupe de médecins, la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ), qui cherchait à éviter de se faire imposer des quotas de patients par Québec.

Ces ententes n’entraînent aucun coût supplémentaire à l’État, les changements devant donc être gérés à l’intérieur de la masse monétaire déjà connue.

Le ministre Barrette s’est montré très satisfait de l’entente intervenue avec la FMSQ, qui garantira aux patients, selon lui, un meilleur accès et dans de meilleurs délais aux spécialistes.

«J’ai forcé les gens à changer d’approche», a-t-il dit, saluant le fait que les deux fédérations «se sont engagées à changer leurs façons de faire pour le bénéfice des citoyens».

Mais l’opposition, tant péquiste que caquiste, ne partage pas ce constat, déplorant l’absence de cibles précises, notamment quant aux délais d’attente.

Le porte-parole caquiste en santé, François Paradis, a noté que le ministre augmentait les attentes de la population «sans objectifs et sans cibles précises». Le délai d’attente pour une chirurgie au Québec augmente au lieu de diminuer, a-t-il déploré en point de presse, tableaux à l’appui.

«Ce sont des voeux pieux», a renchéri la porte-parole péquiste en santé, Diane Lamarre, qui conclut que le ministre «n’a aucune cible précise, aucune obligation mesurable» à présenter à la population.

La présidente de la FMSQ, la docteure Diane Francoeur, a exprimé elle aussi ses réserves. Par voie de communiqué vendredi, elle a réaffirmé que la loi 20 ne garantissait en rien un meilleur accès aux soins, dénonçant une fois de plus l’approche jugée coercitive du ministre Barrette.

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