WINNIPEG – Deux Autochtones du Manitoba ont appris avec stupeur, cette semaine, qu’ils avaient été intervertis à la naissance par le personnel d’un hôpital fédéral, il y a 40 ans.

Le ministre provincial des Affaires autochtones, Eric Robinson, a indiqué vendredi, en conférence de presse à Winnipeg, que les tests d’ADN avaient bel et bien confirmé que les deux hommes n’avaient pas été confiés à leurs parents biologiques après leur naissance le 19 juin 1975 à Norway House, une communauté située à 400 km au nord-est de Winnipeg.

Luke Monias et Norman Barkman sont tous les deux de la Première Nation oji-crie de Garden Hill, et ils ont grandi dans une réserve située près du lac Winnipeg, accessible seulement par voie des airs ou par route de glace. Le ministre Robinson a rappelé que des doutes ont toujours plané dans cette petite communauté plutôt fermée quant à l’identité véritable de MM. Monias et Barkman. Pendant toute leur enfance, bien des gens ne manquaient pas de souligner, un peu à la blague, leur grande ressemblance avec la famille de l’autre.

«Devant toutes ces rumeurs, ils ont voulu tirer la chose au clair une fois pour toutes, dans un sens ou dans l’autre», a dit le ministre.

Les deux parents survivants des quadragénaires ont accepté de fournir un échantillon d’ADN, et les résultats des tests ont été connus plus tôt cette semaine. Des résultats «choquants et inimaginables», a soutenu le ministre Robinson. Il a estimé que ce geste «irresponsable» commis à l’hôpital aura un impact durable sur la vie des deux hommes et de leur famille.

La mère biologique de M. Barkman et le père biologique de M. Monias, tous les deux décédés, ne connaîtront cependant jamais la vérité.

«L’existence de Luke, de Norman et de leur famille a été brisée de façon irrémédiable par cette erreur, une méprise qui ne peut être simplement renversée après toutes ces années», a dit le ministre Robinson, vendredi. Parlant en leur nom, il a expliqué que les deux hommes ont besoin de comprendre ce qui s’est passé afin de tourner la page et de regagner confiance.

«M. Barkman et M. Monias demandent au gouvernement fédéral d’ouvrir immédiatement une enquête sur cette grave erreur, et je les appuie entièrement dans cette entreprise.»

Dans un courriel, la ministre de la Santé Jane Philpott a affirmé qu’elle était préoccupée par la nouvelle. «J’ai demandé aux fonctionnaires de mon ministère de se pencher sur cette affaire immédiatement et de contacter les familles concernées. Je peux assurer aux Canadiens que Santé Canada examinera les questions soulevées par MM. Barkman et Monias», a-t-elle déclaré.

Assis aux côté du ministre, les deux hommes, qui sont de bons amis, avaient du mal à s’adresser aux médias. Entre de longs silences, la voix tremblante, M. Barkman a expliqué que tout ce qu’il veut, «c’est de comprendre ce qui s’est passé ce jour-là il y a 40 ans».

Le ministre Robinson a plaidé que «la santé mentale, physique et spirituelle des deux hommes avait été grandement affectée par la perte de leur identité», et que «l’impact a aussi été énorme sur leur famille immédiate et étendue, de même que sur la communauté».

M. Monias a assuré que lui et M. Barkman resteront bons amis. «Il est comme un frère, pour moi. Et ça, ça ne changera jamais, quoi qu’il arrive.»

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