Sean Kilpatrick Stuart Beare. Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

OTTAWA – Un général à la retraite soutient que si le gouvernement veut que la mission d’entraînement des forces irakiennes réussisse dans un délai raisonnable, il devra permettre à des soldats canadiens d’accompagner, sous conditions, des unités locales au cours de certaines opérations.

Stuart Beare, qui fut le commandant adjoint lorsque l’OTAN a entraîné la police afghane, est convaincu que la coalition menée par les États-Unis devra permettre à des troupes terrestres d’accompagner les forces irakiennes et kurdes si elle veut vaincre le groupe armé État islamique (ÉI) dans un délai raisonnable.

Membre de l’Institut canadien des affaires mondiales, M. Beare soutient que la formation théorique des forces locales est une mission valable mais qu’il faut pouvoir les accompagner sur le front pour s’assurer qu’elles ont bien appris les leçons.

Selon lui, une telle décision devra faire l’objet d’un débat public au Canada — mais également dans d’autres pays occidentaux.

«Il y a clairement une distinction qualitative dans la valeur de la contribution — et les résultats obtenus — entre les former en garnison et les envoyer au front, et les former en garnison et les escorter au front, avec les yeux ouverts et un équilibre entre la sécurité et la prise de risques», a expliqué M. Beare.

Il y a aussi certaines tâches, telles que de planifier des frappes aériennes, qui ne sont pas à la portée des forces locales à moyen terme.

«Les peshmergas (combattants kurdes) ne constitueront pas une force aérienne, alors il y a une valeur immense à ce que ces tâches soient offertes», a fait valoir le général à la retraite.

Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé que le Canada ne participerait plus à des frappes aériennes. Il compte toutefois renforcer l’entraînement des forces irakiennes, même si les modalités sont en cours d’élaboration.

Le précédent gouvernement Harper avait permis à des membres des forces spéciales canadiennes d’accompagner les combattants kurdes sur le front et de guider les frappes aériennes, ce à quoi s’opposaient les libéraux.

Et l’intervention militaire canadienne en Afghanistan — à tout le moins dans ses premières étapes — impliquait d’accompagner les forces locales sur le terrain et de les former en situation de combat. Ce n’est qu’après le retrait de Kandahar en 2011 que les Canadiens ont joué un rôle de formation plus en coulisses.

Dans l’actuelle lutte contre le groupe armé État islamique, les libéraux fédéraux doivent jongler avec la perception de certains qu’ils ne font qu’échanger une forme de combat pour une autre — en ramenant leurs CF-18, mais en comptant s’impliquer davantage dans la formation sur le terrain.

M. Beare a affirmé qu’un accompagnement en situation de combat était risqué et devait être entrepris en vertu de strictes conditions.

«Nous ne laisserions pas notre propre sentiment de protection et de sécurité entre les mains d’un (commandant local)», a-t-il indiqué.

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