Adrian Wyld / La Presse Canadienne Mike Duffy

OTTAWA – Gerald Donohue n’était pas un rédacteur de discours ou un recherchiste professionnel, n’avait pas vraiment d’expérience en matière de politique publique et n’occupait pas de poste au sein d’une entreprise.

Pourtant, sur une période de trois ans, l’ami de longue date du sénateur Mike Duffy a reçu environ 65 000 $ en fonds publics pour différents contrats par l’entremise d’une firme appartenant à sa femme et à son fils.

Il a également signé plusieurs chèques au nom de la firme à l’intention d’autres individus et entreprises que Duffy voulait rémunérer pour des services qu’ils avaient fournis en lien avec son poste au Sénat: un stagiaire, une maquilleuse, des rédacteurs de discours.

Avec le témoignage de M. Donohue, jeudi, la Couronne se prépare peu à peu à conclure sa preuve dans le cadre du procès de Mike Duffy pour fraude, abus de confiance et corruption. Le sénateur a plaidé non coupable aux 31 accusations qui pèsent contre lui.

Au cours des sept derniers mois, les procureurs ont essayé à plusieurs reprises d’appeler Gerald Donohue à la barre des témoins, mais celui-ci se désistait sans cesse en raison de problèmes de santé.

La Couronne soutient que les contrats d’une valeur de 65 000 $ octroyés à M. Donohue étaient en fait un stratagème permettant à Duffy de payer des services qui n’auraient pas été remboursés par le Sénat.

Témoignant par vidéoconférence depuis sa résidence en banlieue d’Ottawa, Gerald Donohue a répondu aux questions du procureur Mark Holmes concernant sa relation avec l’accusé.

Les deux hommes se sont rencontrés à la fin des années 1980 alors qu’ils travaillaient pour CJOH, une station de télévision locale d’Ottawa. M. Donohue était aux ressources humaines et Mike Duffy agissait comme animateur.

Au fil du temps, ils ont développé une certaine amitié. Gerald Donohue servait de conseiller et de confident à Duffy, qui l’appelait pour le consulter sur une grande variété de sujets.

«Nous parlions pendant des heures et des heures. Pendant 20 ans, le volume de nos conversations n’a pas changé. Nous parlions 100 heures par année», a raconté le témoin.

«Il m’appelait et me demandait: ‘Devrais-je adhérer à un régime de retraite? Ma femme devrait-elle adhérer à un régime de retraite? Devrais-je louer une voiture?’ Peu importe ce qui lui traversait l’esprit, il m’appelait et je faisais de mon mieux pour lui donner une réponse.»

M. Donohue a ajouté que son ami avait continué à le consulter une fois devenu sénateur, mais cette fois-ci, en le rémunérant. Il a notamment reçu le mandat de trouver de l’information sur le vieillissement de la population et des idées pour un discours visant à expliquer pourquoi Mike Duffy était conservateur.

Il a reconnu avoir signé des chèques pour d’autres fournisseurs travaillant pour le sénateur, même s’il n’avait pas ce pouvoir au sein de sa firme.

L’avocat de Duffy, Donald Bayne, a souvent insisté durant les procédures sur le fait que si ce système n’était pas très orthodoxe, il n’était pas illégal.

Me Bayne a également fait valoir que le sénateur n’avait reçu aucun pot-de-vin et que rien n’avait été délibérément tenu secret.

Plus tôt jeudi, l’avocat de la défense avait souligné en contre-interrogeant le responsable des télécommunications du Sénat, James Cooke, qu’aucun sénateur n’avait jamais été traduit en justice pour avoir payé un forfait de téléphone additionnel.

Mike Duffy avait chargé Gerald Donohue d’acquitter la facture du forfait téléphonique de son ex-adjointe administrative après que le Sénat eut déterminé qu’il avait dépassé la limite de forfaits admissibles à un remboursement par les fonds publics.

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