QUÉBEC – La communauté autochtone de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, sera forcée d’abolir son service de police déficitaire, a déclaré lundi le chef Gilbert Dominique.

À défaut d’un soutien financier supplémentaire, M. Dominique exigera que la Sûreté du Québec (SQ) assure la protection de sa communauté de la Première Nation des Pekuakamiulnuatsh, qui compte 6552 membres.

L’exploitation du service de police, qui compte 11 agents et deux employés, a déjà engendré un déficit accumulé de 1,6 million $, qui passera à 2,6 millions $ d’ici trois ans si rien n’est fait, a indiqué M. Dominique en entrevue.

Selon le chef autochtone, le budget annuel de 1,2 million $ doit être haussé de 300 000 $ par les gouvernements fédéral et québécois, qui se partagent la facture.

Depuis 2008, les deux gouvernements n’ont injecté que 13 000 $ de plus dans le service de police de Mashteuiatsh, malgré une décision arbitrale, survenue en juillet 2014, qui a accordé aux policiers des augmentations salariales rétroactives de 31 pour cent, ce qui a eu un impact monétaire de 853 000 $.

Les dirigeants de Mashteuiatsh ont l’intention d’abolir le service de police le 31 mars prochain, ce qui permettra de négocier une entente pour obtenir les services de la SQ.

M. Dominique a affirmé qu’il serait plus économique pour les gouvernements de financer davantage le service de police de la communauté autochtone.

«Si le gouvernement du Québec, plus particulièrement, fait la bonne équation, ils vont constater qu’ils ont avantage à majorer leur financement et à convaincre le fédéral de revoir la formule de financement, a-t-il dit. Sinon, c’est le gouvernement du Québec qui va pratiquement absorber toute la facture.»

M. Dominique a affirmé que la convention collective du service de police empêche toute mise à pied qui pourrait réduire le budget d’exploitation.

Tous les scénarios de réduction budgétaire possible ont été examinés sans pouvoir résorber le déficit récurrent qui demeure, a indiqué le chef autochtone.

«Nous avons fait la démonstration, année après année, d’une saine gestion rigoureuse, a-t-il dit. Donc il reste un écart qui est drôlement important, qui est trop prononcé pour maintenir en vie un corps de police dans notre communauté.»

Selon M. Dominique, toutes les demandes de financement supplémentaire sont jusqu’ici restées sans réponse de la part des gouvernements, ce qui obligera de mandater la SQ.

«On aura de grosses discussions avec le Québec pour s’assurer d’avoir un niveau de service comme nous l’avions développé et à cet égard nous n’aurons pas de flexibilité», a-t-il dit.

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