Josie Desmarais/Métro Sylvain Malette, président de la FAE

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) s’attend de plus en plus à ce que le gouvernement de Philippe Couillard impose une loi spéciale pour fixer les conditions de travail des 34 000 enseignants qu’elle représente.

«[Le gouvernement] fait obstacle à la libre négociation car il pose des conditions à coût nul pour l’ensemble du contrat de travail, a affirmé jeudi le vice-président aux relations de travail de la FAE, Martin Lauzon. En tenant cette position ferme depuis le début de la négociation, le gouvernement nous annonce indirectement qu’il a l’intention de décréter les conditions de travail des enseignants.»

«Si jamais le gouvernement va là, il va nous trouver sur son chemin», a de son côté mis en garde le président de la FAE, Sylvain Mallette. Ce dernier a fait savoir que le regroupement syndical qu’il dirige a commencé à réfléchir à la façon avec laquelle il réagira si la négociation se solde par une loi spéciale.

«On va évaluer tous les moyens juridiques et tous les moyens légaux à notre disposition pour contrecarrer une loi spéciale», a dit M. Malette. Il a également fait savoir que les moyens de pression que les enseignants exercent depuis près d’un an se poursuivront au cours des cinq prochaines années. «Ça va être cinq année d’enfer», a-t-il dit.

En attendant, la FAE, qui représente les enseignants qui oeuvrent dans les régions de Montréal, de Laval, de la Montérégie, des Laurentides, de Lanaudière, de l’Estrie et des Outaouais, s’est dite disposée à négocier 24 heures sur 24, mais avant tout, elle tient à ce que le gouvernement s’engage à réinvestir en éducation, sans préciser à quelle hauteur.

«Nous ne négocierons pas la détérioration des conditions de travail des enseignants qu’on représente et nous ne négocieront pas la diminution des services et des ressources pour les élèves», a déclaré le président de la FAE.

«C’est pas normal qu’avant cinq ans, le quart des nouveaux enseignants quittent la profession. C’est pas normal le taux de détresse psychologique. C’est pas le normal le taux de maladie lié à des troubles psychologiques. La situation est intenable. Il y a une souffrance dans le réseau des écoles publiques. –Sylvain Mallette, président de la FAE

La Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE) de la CSQ, qui regroupe quelques 65 000 enseignants notamment de la Montérégie, de Lanaudière, des Laurentides, refuse aussi de conclure une entente avec le gouvernement sans qu’il y ait un réinvestissement en éducation. «Une entente pour les enseignants à coût nul sans allègement de la tâche, il n’y en aura pas», a insisté sa présidente, Josée Scalabrini. Cette dernière croit toujours qu’il est possible de trouver un accord avec Québec et que, pour le moment, il n’y a aucun signe qu’une loi spéciale soit adoptée.

Du côté du gouvernement, la loi spéciale ne semble pas être dans les plans. «On poursuit le travail à la table de négociation, a dit Julie White, l’attachée de presse du ministre de l’Éducation. On souhaite toujours avoir une entente négociée.»

Une journée de grève sera organisée le 9 décembre prochain par les enseignants membres de la FSE-CSQ, qui fait partie du Front commun. Ceux qui sont affiliés avec la FAE débrayeront de leur côté pendant trois jours, les 9, 10 et 11 décembre.

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