WASHINGTON – Le Canada vient de recevoir un appui de taille dans le cadre d’un litige commercial avec les États-Unis. Quelque 250 entreprises et associations de commerce américaines ont envoyé une lettre à chaque sénateur américain pour leur demander de tenir compte des critiques exprimées par le Canada et le Mexique sur l’étiquetage obligatoire des viandes.

Cette missive a été envoyée dans la foulée d’une décision de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui a tranché en faveur du Canada et du Mexique, permettant aux deux pays d’imposer des tarifs supplémentaires sur les exportations américaines comme la viande, le vin et le jus d’orange congelé.

La lettre souligne que les États-Unis feront face à des surtaxes d’une valeur de 1 milliard $ US sur plusieurs produits, sauf si la chambre renonce à exiger que toutes les viandes offertes dans les magasins arborent une étiquette avec leur lieu d’origine.

Le texte est signé par des géants de l’alimentation, dont Coca-Cola, Kraft et General Mills, ainsi que des organisations représentant autant des éleveurs de bétail que des vignerons.

L’ambassadeur du Canada aux États-Unis a soutenu que plusieurs grands acteurs de l’industrie américaine appuyaient le Canada dans sa volonté d’abroger l’étiquetage d’origine obligatoire — aussi appelé COOL.

Les opposants à cette mesure indiquent qu’elle n’aide en rien à la sécurité alimentaire puisqu’il y a déjà des inspections à cet effet.

Ils considèrent qu’il s’agit en fait de «protectionnisme déguisé» qui force les importateurs américains à dépenser plus d’argent pour séparer les produits étrangers et intérieurs, ce qui augmente les coûts d’importation et les rend moins concurrentiels.

Les signataires de la lettre veulent maintenant que le Sénat adopte à son tour une loi, votée d’abord par la Chambre des représentants, qui élimine cette obligation de l’étiquetage d’origine.

Ils estiment que le «système volontaire» faisant l’objet de débats au Sénat ne suffirait pas à éviter les mesures punitives. Puisque cette politique ne serait pas satisfaisante pour les pays, les produits américains seraient probablement sujets à des mesures de rétorsion pendant 18 mois, le temps que l’OMC se saisisse de l’enjeu.

«La loi volontaire en suspens au Sénat souffrirait du même problème que les mesures actuelles (…) Cela force la ségrégation du bétail importé pour permettre l’utilisation de l’étiquetage « volontaire »», écrivent-ils dans la lettre.

L’une des plus grandes partisanes de l’étiquetage obligatoire est la sénatrice démocrate du Michigan, Debbie Stabenow, qui avait présidé le comité de l’agriculture du Sénat lorsque les démocrates contrôlaient cette chambre. Elle est maintenant le bras droit du président actuel, le républicain Pat Roberts.

Mme Stabenow avait travaillé avec le républicain du Dakota du Nord, John Hoever, sur une version allégée du «COOL», mais leurs démarches ont piétiné.

«Je suis déçue que ce compromis sensé ait été bloqué au Sénat. Cependant, j’ai toujours dit que je ne permettrais pas que des mesures de rétorsion soient en vigueur. Nous devons (…) travailler ensemble pour trouver une solution avant la fin de l’année», a déclaré la sénatrice dans un communiqué diffusé plus tôt cette semaine.

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