Alors qu’un premier accord mondial vient d’être signé pour contrer le réchauffement climatique, le Québec subit déjà une hausse marquée des températures. «Entre 1950 et 2011, selon nos calculs, la température du Québec a augmenté de 1 à 3 degrés, constate Travis Logan, chercheur pour Ouranos, un consortium sur l’adaptation aux changements climatiques. On voit déjà clairement un réchauffement dans la province.» Métro a extrait près de 170 ans de données météorologiques au Canada. Loin d’être une chimère, le réchauffement climatique est frappant, notamment dans les grandes villes comme Montréal ou Toronto.

Utilisez notre outil pour visualiser le réchauffement climatique au Québec et dans le reste du Canada. Cliquez sur une province pour l’agrandir et passez votre curseur sur une station météorologique pour voir les températures moyennes par année.

Les personnes démunies en première ligne

Dans son Plan d’adaptation aux changements climatiques 2015-2020, l’agglomération de Montréal rappelle que plus de 400 décès ont été attribués à des vagues de chaleur au cours des 30 dernières années. «Le niveau de revenus influence la vulnérabilité des citoyens de l’agglomération puisque les personnes les plus défavorisées ont généralement moins d’accès à la climatisation», peut-on lire dans le rapport.

Les villes amplifient le réchauffement, notamment dans les quartiers défavorisés, selon Pierre Gosselin, expert en santé environnementale à l’Institut national de santé publique du Québec. «Il y a environ 12% de patients en plus qui consultent leur médecin ou leur pharmacien lors des journées chaudes, notamment dans ces quartiers-là. Ça provoque des coûts importants que l’on voit déjà.»

Avec des vagues de chaleur qui vont se multiplier, la situation risque de s’aggraver dans ces arrondissements denses, avec un parc immobilier vieillissant et moins bien isolé contre la chaleur. Les autoroutes, boulevards, stationnements et zones industrielles, tous des îlots de chaleurs notoires, juxtaposent aussi souvent les endroits où vivent les moins nantis.

Toutes ces conditions réunies, en plus d’une santé généralement moins bonne pour les personnes à faible revenu, font en sorte que les vagues de chaleur pourraient continuer à tuer si rien n’est fait. «La proportion de personnes âgées va quasiment doubler d’ici vingt-cinq ans, rappelle également Pierre Gosselin. On va avoir plus d’exposition à la chaleur et plus de personnes vulnérables.»

Pour atténuer les effets de ces canicules, des aménagements urbains sont nécessaires. Pierre Gosselin prend pour exemple l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie qui force les propriétaires de bâtiment à toit plat à utiliser des matières réfléchissantes ou blanches pour réduire l’absorption de chaleur.

Dans son rapport d’adaptation aux changements climatiques, la Ville de Montréal projette une augmentation moyenne de la température d’environ 2 à 4 °C pour la période 2041-2070, en plus de la hausse déjà constatée. L’administration souhaite favoriser les zones de verdure et mettre en place des mesures d’urgence en cas de forte chaleur.

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Méthodologie
Nous avons utilisé les données climatiques canadiennes ajustées et homogénéisées d’Environnement Canada pour notre graphique interactif. Ces données sont modifiées pour prendre en compte les changements d’outils de mesure ou le déplacement de certaines stations. Dans certains cas, les données présentées sont la combinaison d’observations provenant de plusieurs stations, ce qui permet de générer des séries temporelles plus longues.

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