Chantal Levesque / Métro Onze des parents de l’organisation Je protège mon école publique (ils sont près de 20 en tout), de gauche à droite: Marie Charest, Pascale Grignon, Louis-Raphaël Pelletier, Lyne Duhaime, Yann Omer-Kassin, Justine Jaran-Duquette, Guillaume Boudreau, Claudine Poirier, Vincent Martin, Johanne Viel et José Bazin.

Pour dénoncer la situation des écoles publiques, affectées par des coupes de 350M$ cette année en plus de celles des années précédentes, des parents ont décidé d’agir. Les chaînes humaines organisées par l’organisme Je protège mon école publique ont mobilisé jusqu’à 100 000 Québécois dans toute la province. Retour sur ce mouvement avec sa porte-parole, Pascale Grignon.

L’étincelle
Un an avant le début des chaînes humaines, des parents impliqués à l’école Saint-Jean-de-Brébeuf, dans Rosemont, ont appris que l’école recevrait des groupes supplémentaires d’élèves en situation d’accueil. Ils étaient incrédules puisque l’école avait déjà un problème d’espace. «On nous a dit: “Vous n’êtes pas les pires.” Comment ça, pas les pires?», se souvient Pascale Grignon. Leurs interrogations se sont ensuite transformées en un dur constat: plusieurs écoles dépassent leur capacité et il y a diminution des services partout.

Action!
«Si personne ne dénonce cette réalité, les enfants ne vont pas commencer à manifester d’eux-mêmes! On s’est dit que c’était aux parents de saisir la balle au bond et de faire quelque chose», raconte Mme Grignon. L’idée des chaînes humaines s’est développée au cours d’un remue-méninges autour d’une bière. «Le but, c’était de donner une voix aux enfants, de trouver un mouvement qui était beau, rassembleur, et qui démontrait l’attachement qu’on a pour l’école publique. Quand on se tient la main, il y a un geste d’amour et de solidarité.»

Impact
La première chaîne humaine a été organisée le matin du 1er mai. À une semaine d’avis, 26 écoles ont bénéficié de cet appui. Le mois suivant, 8000 participants autour de 100 écoles situées dans 8 régions se sont mobilisés. Après l’été, loin de s’essouffler, le mouvement a rejoint, le 1er septembre, 21 000 personnes dans 270 écoles. En tout, depuis la première chaîne, près de 100 000 personnes se sont tenu la main devant plus de 600 écoles. «Le quart des écoles du Québec ont été protégées. Ça dit quelque chose!»

«[Mon souhait serait] de se doter d’un plan de réussite collectif pour tout ce qui est de l’éducation, des CPE jusqu’à l’université. Est-ce qu’on peut rêver d’un système d’éducation qui serait fabuleux pour nos enfants et pour le Québec? Je pense que oui, et je pense qu’on peut travailler ensemble.» – Pascale Grignon, porte-parole, Je protège mon école publique

Des coupes qui ont des conséquences
Perte de services de professionnels, notamment des techniciens en éducation spécialisée ou des orthopédagogues. Utilisation de roulottes, de bibliothèques ou de locaux d’arts plastiques comme salles de classe. Gymnases partagés par plusieurs groupes en même temps. «Il n’y a plus de graisse nulle part; toutes ces compressions s’ajoutent l’une à l’autre et ça crée un milieu de vie qui n’est plus acceptable», expose Pascale Grignon.

La suite
D’autres chaînes humaines seront organisées en 2016. L’organisme Je protège mon école publique prépare d’autres actions de sensibilisation. «Le gouvernement va devoir comprendre qu’il est en train de faire une grave erreur. Ça presse. Les enfants n’ont pas des années devant eux.» Mme Grignon affirme que le mouvement ne s’arrêtera pas tant que le gouvernement ne présentera pas sa vision à long terme pour l’éducation et un plan pour financer adéquatement le système scolaire «pour que l’avenir de nos enfants et du Québec soit assuré».

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