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Un homme qui était accusé de harcèlement criminel à l’endroit de deux femmes sur Twitter a été acquitté, vendredi, en Ontario.

Gregory Alan Elliott faisait face à des accusations d’avoir harcelé deux militantes des droits des femmes, Stephanie Guthrie et Heather Reilly, pendant plusieurs mois en 2012.

Les deux militantes de la région de Toronto avaient témoigné lors du procès, affirmant notamment que l’homme se tenait au courant de leurs déplacements grâce aux médias sociaux, et ce, même après qu’elles eurent bloqué son accès.

Il n’y a aucun doute que Stephanie Guthrie et Heather Reilly ont été harcelées par Gregory Alan Elliott, notamment en raison du nombre et du contenu des messages sur Twitter, mais la preuve n’atteint pas le seuil juridique pour une condamnation, a conclu le juge Brent Knazan, de la Cour de l’Ontario.

Les messages publiés sur Twitter par M. Elliott ne contenaient rien de nature violente ou sexuelle, a-t-il ajouté. Ils ne contenaient aucune indication d’une possible intention de blesser, a affirmé le juge.

Dans ses gazouillis, M. Elliott expliquait largement son point de vue «même s’il pouvait être offensant ou mauvais», a indiqué le juge Knazan. Il a toutefois reconnu que le langage utilisé pouvait être «vulgaire et parfois obscène».

Des grondements pouvaient se faire entendre dans la salle du tribunal au moment où le jugement a été prononcé. Des partisans des deux camps remplissaient les bancs et certains s’étaient même assis au sol.

M. Elliott, qui a été arrêté en novembre 2012, a dit à l’extérieur du tribunal que la décision prouvait qu’il n’avait rien fait de mal.

«Je ne suis pas coupable et tout ce que je faisais, je pensais être dans la légalité, donc je ne sais pas si je changerais quoi que ce soit», a-t-il lancé.

«La liberté d’expression est d’exprimer vos opinions, vos émotions, et si elles sont prises hors contexte ou qu’elles sont mal comprises ou mal interprétées par les autres, vous ne devriez pas avoir ce poids sur vous», a-t-il ajouté.

L’avocat de l’homme, Chris Murphy, avait soutenu durant le procès que les échanges acrimonieux sur Twitter n’étaient qu’un débat politique pas très beau à voir.

Il avait souligné que son client n’avait jamais menacé les deux militantes ni fait de remarques à caractère sexuel à leur endroit.

Vendredi, il a déclaré que la décision devrait être rassurante pour tous les utilisateurs des médias sociaux.

Des observateurs de la scène judiciaire avaient affirmé qu’il s’agissait là de la première cause canadienne de harcèlement criminel par l’intermédiaire de Twitter.

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