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OTTAWA — Une nouvelle étude indique qu’environ la moitié des membres du personnel militaire au Canada ont été maltraités dans leur enfance — notamment par des punitions corporelles — ou ont été témoins de violence familiale.
La recherche, menée par le ministère de la Défense nationale et l’Université du Manitoba, a aussi déterminé qu’ils ont été proportionnellement plus exposés aux traumatismes et aux agressions sur les enfants que leurs concitoyens civils.
Des spécialistes médicaux tentaient de comprendre les facteurs qui ont généré une série de suicides qui a récemment secoué l’armée. La Presse Canadienne avait rapporté les conclusions initiales de cette étude il y a un an après qu’elle eut été présentée à une conférence médicale militaire, mais la recherche a été finalisée et publiée mercredi dans le Journal of the American Medical Association — Psychiatry.
L’étude rapporte que les militaires des forces régulières ont été plus exposés à des agressions sur les enfants — 47,7 pour cent d’entre eux — un pourcentage encore plus élevé dans la réserve, à 49,4 pour cent, le tout comparé à 33,1 pour cent de la population générale canadienne. Le personnel des forces régulières est plus susceptible que la population générale d’avoir expérimenté tous les types d’agressions physiques à l’exception d’agressions sexuelles entre mâles, est-il écrit dans l’étude.
Quant aux membres de la réserve, ils sont plus susceptibles que la population générale d’avoir été victimes d’agressions physiques et d’avoir été exposés à la violence conjugale. Les agressions sexuelles étaient plus probables pour les femmes dans la réserve comparativement à la population générale pour celles qui gagnaient les salaires les plus élevés seulement.
La raison pour laquelle environ la moitié de tout le personnel militaire canadien a été exposé à de la violence sur les enfants n’a pas été déterminée par l’étude, écrivent les auteurs.
De plus, l’analyse conclut que le lien entre l’exposition à des agressions sur les enfants et le suicide était souvent “significativement plus faible” chez le personnel militaire que chez les civils. Mais un traumatisme vécu dans la petite enfance combiné avec le fait d’avoir été témoin d’horreurs outre-mer a un effet sur les idées suicidaires et les plans de suicide.
Le rapport indique que les résultats sont significatifs à la fois pour les militaires et les civils, mais recommande que les efforts de prévention du suicide soient dirigés vers ceux qui ont subi des traumatismes dans l’enfance. L’agression est définie dans le rapport comme le fait d’avoir reçu des coups de pieds, été mordu, frappé, étranglé, brûlé, étranglé ou attaqué dans l’enfance, et inclut la violence sexuelle, de même que le traumatisme pour les jeunes d’avoir été témoins de violence conjugale en grandissant.
Cette nouvelle étude se base sur des données recueillies dans la portion “santé mentale” du sondage de 2012 sur la santé des communautés canadiennes — effectué auprès de 25 000 personnes — et sur le sondage sur la santé mentale des forces armées canadiennes de 2013 qui est fondée sur des réponses de plus de 8100 militaires.
En 2014, le médecin-chef des Forces canadiennes avait déclaré à un comité parlementaire que la santé mentale des soldats était un problème que l’administration militaire tentait de comprendre. Il avait mentionné le taux exceptionnellement élevé de dépression chez les militaires en fonction. Cette étude pourrait aider à comprendre ces questionnements.

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