Le Conseil québécois des services de garde éducatifs à l’enfance (CQSGEE) a conclu mercredi soir une entente de principe sur le mode de financement des services de garde dans les centres de la petite enfance.

Le Conseil ne représente que le quart, environ, des quelque 900 organismes impliqués, mais le plus important de ces regroupements, l’Association québécoise des CPE (AQCPE), avait refusé de participer à un comité de négociation.

À prime abord, il semblerait que cette politique de la chaise vide se soit traduite par un résultat qui se rapproche de l’adage voulant que les absents ont toujours tort.

La vice-présidente et directrice générale du Conseil, Francine Lessard, affirme en effet que l’entente s’appliquera à l’ensemble des CPE, incluant ceux de l’Association, même si celle-ci avait plutôt choisi d’utiliser des moyens de pression pour contrer les compressions de 120 millions $ annoncées par le gouvernement du Québec au réseau des services de garde publics et privés.

“Le gouvernement du Québec ne fera pas un mode de financement pour une partie du réseau et un autre mode de financement pour une autre partie du réseau. Ils (l’AQCPE) était invités à la table de négociation et ils ont fait le choix de faire des moyens de pression, ce qui est un choix tout à fait légitime, mais qui n’était pas celui de nos membres, qui nous ont demandé de négocier”, a-t-elle indiqué à La Presse Canadienne.

L’AQCPE a refusé de répondre aux questions de La Presse Canadienne sur cette entente, se contentant de nous référer à un communiqué où elle dit simplement s’attendre à ce que le nouveau ministre de la Famille, Sébastien Proulx, “ait le mandat d’écouter les parents, de défendre les familles du Québec et de répondre à leurs attentes”.

Le président-directeur général de l’Association, Louis Sénécal, y est ainsi cité: “Le gouvernement envoie le signal qu’un coup de barre majeur s’imposait. Les parents qui sont mobilisés depuis le début de l’année pour demander l’annulation des compressions et le réinvestissement dans les services éducatifs de qualité en petite enfance méritent d’être entendus.”

Pas un mot, toutefois, sur l’entente de principe.

Plusieurs CPE membres de l’AQCPE ont été le théâtre, au cours des dernières semaines, de chaînes humaines et de fermetures ponctuelles. L’Association menaçait aussi d’accentuer les moyens de pression si elle n’obtenait pas le retrait complet de ces compressions.

Mme Lessard a toutefois précisé que le niveau de compressions a été considérablement réduit, sans donner d’autres détails puisque les négociations sont toujours en cours avec le réseau des garderies privées.

“Il y a encore des réductions de financement, mais je vous dirai que ce n’est vraiment pas à la hauteur de ce qui avait été annoncé. Vraiment pas. On a vraiment réussi à faire reculer Québec”, a-t-elle soutenu.

Elle a souligné que le Conseil a obtenu un gain majeur, soit de pouvoir négocier en isolant complètement l’intérêt des centres de la petite enfance et en évacuant totalement la comparaison avec le financement des garderies privées subventionnées, un irritant majeur pour les CPE qui soutenaient que c’était là “comparer des pommes avec des oranges”.

“On était pris avec le concept de tiers performant, qui était composé majoritairement des garderies privées subventionnées, ce qui n’avait aucun sens pour le financement des centres de la petite enfance, qui sont des organismes à but non lucratif”, a fait valoir Francine Lessard.

Outre ce gain, elle ajoute être arrivée à “d’excellents résultats pour préserver la mission éducative” et, en plus, avoir obtenu des bonifications de certaines enveloppes, notamment pour les denrées alimentaires.

“On a parlé de la valeur de la denrée alimentaire en 2013-2014, de l’ajustement de la dépense, mais toujours en fonction de la moyenne des CPE (excluant les garderies privées subventionnées). Et c’est cette moyenne qu’on a ajustée à une valeur 2016-2017, de sorte qu’on nous a consenti une augmentation”, a-t-elle précisé.

Dans ces conditions, où sont les réductions de financement?

“La grande discussion a porté non pas sur une récupération financière, mais bien sur un nouveau mode de financement qui serait équitable pour tous”, a indiqué Mme Lessard.

Elle a expliqué qu’une proportion d’environ 10 pour cent des CPE affichent à chaque année un déficit et qu’une proportion à peu près équivalente cumule des surplus alors que tous sont financés de la même manière.

“C’est en raison de disparités importantes entre, par exemple, un petit centre en région rurale avec 30 places et un autre CPE en région urbaine, avec trois installations et plusieurs places en milieu familial. Ça crée un déséquilibre”, a-t-elle dit.

“C’est évident que, pour rendre une enveloppe équitable en prenant la moyenne des dépenses, il y a certaines corporations qui vont devoir faire des choix de gestion plus responsables, alors que d’autres vont voir un peu plus de place dans leur budget”, a-t-elle confié, sans aller plus loin.

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