© Andrew Wright / www.cold-coas

Lundi, la Colombie-Britannique officialise une entente historique qui permettra de protéger une des forêts les plus emblématiques au monde, terre ancestrale d’une vingtaine de Premières Nations : la forêt du Grand Ours, sur la côte ouest du pays. Ce geste devrait inspirer le Québec, selon Greenpeace, qui déplore l’inertie du gouvernement québécois dans la protection du territoire. État des lieux avec Nicolas Mainville, responsable du dossier des forêts chez Greenpeace Québec.

En Colombie-Britannique
L’accord annoncé aujourd’hui est «historique», selon M. Mainville. Tout d’abord parce qu’il permet de protéger 85 % d’une des dernières forêts tempérées humides encore épargnées par l’industrie forestière. La forêt tire son nom d’une espèce symbolique, l’ours Kermode, un ours blanc, mais pas polaire, qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Ce dernier doit la couleur de sa fourrure à un gène récessif. On trouve dans cette zone 60 fois grande comme l’île de Montréal des fjords abritant des baleines à bosse et des forêts de séquoias géants où vit l’aigle à tête blanche, une ancienne espèce menacée. «L’annonce est aussi unique, car elle scelle 20 ans d’une très chaude lutte entre, d’un côté, une vingtaine de nations autochtones et des environnementalistes et, de l’autre, cinq compagnies forestières et le gouvernement de la province», ajoute M. Mainville. «Si nous sommes arrivés à nous entendre pour protéger 85 % de la forêt du Grand Ours de toute coupe forestière malgré de profonds conflits, ça veut dire que le Québec peut aussi y arriver avec la forêt boréale», conclut-il.

Au Québec
Au Québec, deux projets d’aires protégées, totalisant une surface similaire à celle de la forêt du Grand Ours, sont sur la glace. Ils concernent la Vallée de la Broadback en Abitibi et celle des Montagnes Blanches au Lac-Saint-Jean, deux forêts essentielles à la survie du caribou forestier, une espèce menacée. Ces deux projets de conservation permettraient en outre au Québec de rattraper son retard dans la réalisation des objectifs de la Convention de Nagoya prévoyant de protéger 17 % du territoire terrestre d’ici 2020. Le Québec n’est qu’à 9,16 %, révélait mardi dernier un rapport conjoint de deux organismes environnementaux québécois. «Dans le sud du Québec, ce sont seulement 5 % de nos forêts qui sont réellement protégées en raison, entre autres, des pressions de l’industrie forestière», déplore Nicolas Mainville. Même quand une zone est désignée comme future zone protégée, elle n’obtient de statut permanent qu’après plusieurs étapes bureaucratiques. «Pour obtenir ce statut, il faut notamment organiser des audiences du BAPE, alors que des projets de mines ou de cimenteries n’y sont même pas soumis, c’est absurde», conclut M. Mainville.

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