Jacques Boissinot Carlos Leitao. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Après deux ans de douloureuses compressions, Québec devrait être en mesure d’affirmer que le point d’équilibre des finances publiques a été atteint comme prévu au terme de l’année financière 2015-2016, lors de la présentation du prochain budget, le jeudi 17 mars.

Tel que promis, l’équilibre budgétaire sera donc acquis pour l’année financière 2016-2017, mais de justesse, car on ne prévoit pas de surplus dans les coffres de l’État, a indiqué jeudi le ministre des Finances, Carlos Leitao.

Le ministre a confirmé jeudi matin, lors d’une mêlée de presse, que le gouvernement déposera son budget le jeudi 17 mars.

Tel que prévu, il devrait s’agir d’un budget équilibré, donc sans déficit, mais sans surplus non plus. La marge de manoeuvre financière de Québec demeurera donc très serrée, malgré deux années d’importantes compressions budgétaires imposées à l’appareil de l’État.

Et si jamais des surplus apparaissaient dans la colonne des revenus, ils serviront à rembourser la dette, a indiqué le ministre.

Mais «on ne voit pas qu’il y aura des surplus. Nous voyons qu’on va faire l’année à l’équilibre», a commenté le ministre Leitao.

À maintes reprises, cependant, le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré que la moitié d’éventuels surplus budgétaires serviraient à éponger la dette, l’autre moitié à offrir des baisses d’impôt aux contribuables.

Québec va donc devancer Ottawa, qui présentera son propre budget cinq jours plus tard. M. Leitao a dit qu’il n’était pas nécessaire d’attendre de connaître le contenu du budget fédéral avant de présenter le sien.

Le déficit de 2,3 milliards $, prévu au budget de juin 2014 et au Plan économique du Québec de mars 2015, avait été ramené à un déficit de 1,1 milliard $ l’an dernier.

Chose certaine, Québec va s’engager à maintenir le cap sur des finances publiques saines, donc exemptes de dépenses spectaculaires ou de réinvestissements massifs à gauche et à droite, si nécessaires puissent-ils être.

En principe, le gouvernement devrait donner suite à sa promesse de diminuer progressivement la taxe santé, à compter de 2017.

Lors de sa mise à jour, en novembre, le ministre Leitao prévoyait que la croissance économique en 2016, prévue initialement à 2 pour cent, était ramenée à 1,7 pour cent.

Sans vendre la mèche, quelques ministres du gouvernement ont indiqué jeudi leurs attentes et prévisions quant au contenu du budget, dans leur domaine respectif.

Pas question de se lancer dans de folles dépenses, a prévenu le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, qui entend bien exercer le même type de gestion serrée que son prédécesseur, Martin Coiteux.

«Le contrôle des dépenses, ce n’est pas une tâche pour un mois ou un an, c’est une tâche continue, parce que les dépenses du gouvernement, il faut toujours les contrôler, les maintenir, et chaque année il faut recommencer», a-t-il commenté.

Durement éprouvé, le réseau scolaire devrait pouvoir souffler un peu. Le nouveau ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a assuré qu’il «va y avoir des réinvestissements dans le budget», l’éducation étant une «priorité» pour le gouvernement.

Des sommes iront certainement aux infrastructures, notamment pour rénover les écoles délabrées, et d’autres seront consacrées à la lutte au décrochage scolaire. Il reste à connaître l’importance de ces sommes.

Déjà en novembre, critiqué de toutes parts, le gouvernement réinvestissait 20 millions $ dans le réseau scolaire, puis annonçait l’injection de 80 millions $ par année, à compter de 2016, en services directs aux élèves. L’éducation était alors le seul secteur à recevoir une attention particulière de Québec.

Dans le secteur de la santé, il faut s’attendre à voir un effort effectué du côté du maintien à domicile des personnes âgées et des soins à domicile.

«Pour moi, c’est bien clair, il y a un intérêt que je porte de façon très précise» à ces postes budgétaires, a commenté le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, lors d’une mêlée de presse.

Dans les rangs de l’opposition, on exprime déjà des appréhensions. Le porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir, a estimé que d’éventuels surplus budgétaires devraient être utilisés «à réparer les dégâts causés par deux ans d’austérité» et non à des baisses d’impôt «pour des gens qui n’en ont pas besoin».

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