Yves Provencher/Métro

MONTRÉAL – Le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) demande à l’équipe de Justin Trudeau de revoir la stratégie de lutte à l’itinérance imposée par le précédent gouvernement conservateur.

Sous le règne de Stephen Harper, la Stratégie des partenariats de lutte à l’itinérance (SPLI) avait été complètement revue pour prioriser le modèle «housing-first», une approche qui vise à trouver un logement pour les personnes en situation d’itinérance chronique.

Selon le RSIQ, ce changement de cap va conduire à la fermeture totale ou partielle de plusieurs services ou programmes destinés aux personnes itinérantes, qui ne correspondent pas au modèle «housing-first».

À l’approche du dépôt du budget fédéral, le Réseau demande au gouvernement libéral de revoir les priorités de financement de la SPLI et de hausser son budget de 19,6 millions $, qui n’a pas été indexé depuis son lancement à la fin des années 1990.

Si rien n’est fait, une trentaine de projets cesseront d’être financés au 31 mars, dénonce le RSIQ, qui affirme que plus de 10 000 personnes vivant en situation d’itinérance ne seront ainsi plus rejointes dans la province.

Le Foyer des jeunes travailleurs et travailleuses de Montréal (FJTTM) devra notamment fermer huit chambres sur les 19 qu’il offre aux jeunes pour ne pas qu’ils se retrouvent à la rue.

«Nous fermons des chambres alors que nous recevons plus de 250 nouvelles demandes par année», s’insurge le président de l’organisme, Michel Doray.

«Ces jeunes vivent des situations extrêmement difficiles dans le domaine du logement, de l’accès à l’emploi, de la santé physique ou mentale», poursuit-il.

Le coordonnateur du RSIQ Jean-François Mary demande à Ottawa de revenir à une approche plus généraliste pour ses programmes de lutte à l’itinérance. «Tout miser sur le « housing-first », ce n’est pas une bonne stratégie parce que ce n’est pas un type de services qui répond à l’ensemble des besoins», explique-t-il en entrevue.

M. Mary souhaite notamment que les organismes locaux puissent décider des projets à prioriser dans leurs milieux. À l’origine, la SPLI visait à soutenir une diversité de type d’intervention, rappelle-t-il.

«En mettant tous les oeufs dans le même panier, celui du « housing-first », le gouvernement conservateur a mis en péril des projets pertinents et qui ont fait leurs preuves», poursuit en écho la députée d’Hochelaga et porte-parole du NPD en matière de logement social, Marjolaine Boutin-Sweet.

«On a espoir que le gouvernement de Justin Trudeau fera preuve de plus d’ouverture, indique M. Mary. Mais on n’a pas d’indicateurs pour l’instant qui démontrent qu’ils souhaitent vraiment changer les choses.»

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