Jacques Boissinot/THE CANADIAN PRESS Jean Laporte, directeur du Bureau de la sécurité des transports

LÉVIS, Qc – Le Bureau de la sécurité des transports (BST) n’est pas en mesure de comparer le niveau de risque entre le transport d’hydrocarbures par train, par pipeline ou par voie maritime, mais il est clair selon l’organisme fédéral qu’aucune forme de transport assure un risque nul.

«Le risque zéro n’existe pas, c’est un fait», a déclaré mardi l’administrateur en chef du BST, Jean Laporte, lors de sa comparution devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

M. Laporte a dressé le bilan des incidents par mode de transport au cours des 25 dernières années.

En ce qui a trait aux pipelines, le bilan démontre clairement que le nombre d’accidents, c’est-à-dire des déversements dont les conséquences sont importantes, est à la baisse alors que le nombre d’incidents, c’est-à-dire des petits déversements aux conséquences faibles, est en hausse.

Malgré tout, selon le BST, le transport du pétrole brut peut se faire de manière sécuritaire dans tous les modes de transport.

«Les risques peuvent être réduits énormément si on fait de bonnes analyses et on prend des mesures proactives», a précisé M. Laporte.

Tout en demeurant prudent, sur cette question précise, M. Laporte n’a pas caché que les transporteurs ferroviaires avaient encore du chemin à faire.

«De façon générale, les compagnies de pipeline sont plus proactives à réagir et n’attendent pas les recommandations de notre part et vont tout de suite prendre des mesures correctives», a-t-il dit, tout en précisant que les compagnies ferroviaires s’étaient tout de même améliorées depuis la catastrophe de Lac-Mégantic.

La société TransCanada évalue elle-même le risque à 1,18 accident par 1000 kilomètres de pipeline par année pour le projet Énergie Est, ce qui est une amélioration par rapport aux ratios existants de 1,34, amélioration qui s’explique surtout par des avancées technologiques tant dans les matériaux de construction que dans les systèmes de surveillance.

Le vice-président d’Énergie Est, Louis Bergeron, en a d’ailleurs profité en soirée mardi pour répondre à une interrogation qu’il avait laissée en suspens la veille, soit la responsabilité de TransCanada en cas d’insolvabilité de sa filiale Énergie Est.

Énergie Est a l’obligation d’assurer une protection d’un milliard de dollars en cas de catastrophe et M. Bergeron a assuré que la société-mère assurerait les arrières de sa filiale.

«Énergie Est aura la capacité financière d’un milliard de dollars et, au-delà de cette somme, TransCanada assumera la totalité des frais non couverts par Énergie Est», a-t-il assuré.

Interrogé par ailleurs sur les raisons qui poussent l’industrie à vouloir acheminer le pétrole vers l’Est plutôt que la Côte Ouest, M. Bergeron, a expliqué que ce sont les producteurs pétroliers qui veulent avoir accès aux trois grandes raffineries dans l’Est, soit Suncor à Montréal, Valero à Lévis et Irving à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

«Ce sont effectivement les producteurs qui ont identifié l’opportunité d’amener le pétrole brut vers l’Est. TransCanada a proposé l’outil pour faire ça et c’est la raison pour laquelle il y a eu des ententes avec les producteurs qui vont fournir un support financier pour le projet», a indiqué M. Bergeron.

À cet effet, il a fait valoir que plus de 50 pour cent du pétrole brut raffiné au Québec provenait de l’étranger, soit, au premier chef, les États-Unis puis, dans une moindre mesure, l’Algérie, la Norvège, le Nigeria et l’Angola, et que ce pétrole, une fois raffiné, était destiné aux marchés du Québec, de l’Ontario et des Maritimes.

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