Andrew Vaughan/Archives La Presse Canadienne Le Chantier Davie

HALIFAX – Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse trouve «étrange» que le chantier québécois Davie ait pu déposer récemment une offre non sollicitée pour la construction de six navires civils, alors que ce contrat avait déjà été promis par Ottawa à un autre chantier.

La Presse Canadienne a appris mercredi que le Chantier Davie, de Lévis, avait déposé à la fin de février une offre non sollicitée pour la construction de quatre brise-glaces et deux navires polyvalents de la Garde côtière — un contrat pouvant valoir jusqu’à un milliard de dollars.

Or, le gouvernement conservateur avait déjà annoncé, dans le cadre de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale, qu’il confierait la construction de ses nouveaux navires civils au chantier Seaspan, de Vancouver. Le contrat de construction des navires militaires — notamment la nouvelle flotte de frégates — doit quant à lui être confié aux chantiers navals Irving, en Nouvelle-Écosse.

Même si cette offre de Davie devrait plutôt inquiéter le chantier de Vancouver, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, espère néanmoins que les libéraux respecteront tous les engagements pris par le précédent gouvernement dans la Stratégie nationale d’approvisionnement, y compris ceux qui touchent sa province.

M. McNeil, qui a appris la nouvelle jeudi de la bouche des journalistes, estime qu’Ottawa devrait indiquer clairement à la Davie que le gouvernement entend respecter ses engagements: les contrats civils à Vancouver et les contrats militaires en Nouvelle-Écosse.

«Ça me semble étrange, a déclaré M. McNeil. Ce contrat a été promis à un autre chantier naval… À titre de premier ministre de la Nouvelle-Écosse, je m’attends à ce que le gouvernement fédéral respecte ses engagements à l’égard de notre chantier naval ici en Nouvelle-Écosse.»

Les chantiers navals Irving, à Halifax, détiennent un contrat ferme pour construire jusqu’à six nouveaux patrouilleurs arctiques. Par contre, le contrat final n’est toujours pas signé pour la construction d’une quinzaine de nouvelles frégates militaires. Le premier ministre McNeil a indiqué jeudi qu’il demanderait au gouvernement fédéral ce qu’il faut comprendre au juste de la manoeuvre surprise de la Davie.

Le chantier naval québécois a offert le 24 février dernier de construire et de livrer en 18 mois un brise-glace de classe Polaire 3, puis trois autres brise-glaces plus petits et deux navires polyvalents (recherche scientifique, patrouille frontalière, opérations de recherche et sauvetage).

Un porte-parole aux Travaux publics a refusé, mercredi, de confirmer le dépôt de l’offre de Davie mais a indiqué que le ministère n’avait pas lancé auparavant un nouvel appel de soumissions. Il a cependant affirmé que le ministère avait l’intention de respecter les engagements pris dans le cadre de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale.

Alex Vicefield, pdg de la société mère de Davie, déclarait plus tôt cette semaine que l’offre avait été «très bien reçue» par Ottawa, sans donner plus de détails. Le pdg de Seaspan, Jonathan Whitworth, soutient pour sa part que l’offre de Davie ne vise qu’à ébranler la Stratégie nationale.

Jeudi, des détails au sujet d’une autre soumission non sollicitée qui a été déposée par Davie ont été dévoilés. Le chantier naval de Lévis a envoyé une offre à Ottawa pour construire un nouveau brise-glace lourd — mieux connu sous le nom de Polar Class 2 — au coût de 794 millions $.

Cette proposition — qui avait été rejetée par le gouvernement Harper — est en conflit direct avec le projet de Seaspan. Le chantier de Vancouver veut bâtir un immense brise-glace, qui porte déjà le nom de l’ancien premier ministre John Diefenbaker, pour remplacer le Louis St-Laurent qui se fait de plus en plus vieillissant.

Le document soumis par Davie tire d’ailleurs une flèche en direction de l’ex-gouvernement conservateur.

«Veuillez noter que si la proposition de Davie avait reçu toute l’attention que nous croyons qu’elle méritait, nous aurions été en mesure de livrer un brise-glace Polar Class 2 à la garde côtière canadienne d’ici la fin de 2017», peut-on lire dans une lettre envoyée le 7 mars et obtenue par La Presse Canadienne.

«Au lieu de ça, il faut encore réparer un brise-glace datant de 1966 et la livraison du Diefenbaker ne pourra se faire avant 10 ou 15 ans.»

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