Jacques Boissinot Philippe Couillard. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – L’attentat terroriste survenu en Belgique a laissé dans l’ombre tous les autres sujets de controverse qui auraient normalement alimenté les débats de l’Assemblée nationale mardi.

C’est plutôt la lutte au terrorisme qui a retenu l’attention des parlementaires québécois, qui ont mis leurs différends entre parenthèses mardi pour témoigner leur solidarité avec le peuple belge.

Le combat contre le terrorisme n’est pas terminé, a commenté d’entrée de jeu le premier ministre Philippe Couillard, mardi matin, dans une brève déclaration effectuée quelques heures après la tragédie.

M. Couillard a cherché à se faire rassurant, en affirmant que tout indiquait, selon les informations disponibles mardi matin, qu’il n’y avait aucun Québécois parmi les victimes de l’attentat.

L’attaque aurait fait une trentaine de morts et 200 blessés au coeur de la capitale belge.

Par solidarité, le drapeau québécois a été mis en berne au sommet de la tour du parlement, de même que le drapeau de la Belgique, lui aussi mis en berne sur une des tours de l’édifice.

Toujours dans le but de se faire rassurant, le premier ministre a aussi dit que tous les corps policiers étaient sur un pied d’alerte.

«Une veille active en matière de sécurité s’effectue sur l’ensemble du territoire québécois. C’est l’équipe intégrée en sécurité nationale dont fait partie la GRC, la Sûreté du Québec, le SPVM, qui travaille quotidiennement à assurer la sécurité de la population», a-t-il déclaré.

«Clairement, le combat (contre le terrorisme) n’est pas terminé», a-t-il conclu dans sa brève déclaration. Il n’a répondu à aucune question des journalistes présents.

En après-midi, les parlementaires québécois ont observé une minute de silence en guise de respect pour les victimes de l’attentat et leurs proches.

Également, une motion a été votée à l’Assemblée nationale pour dénoncer cet attentat.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a adopté un ton plus alarmiste que le premier ministre pour commenter ces incidents tragiques.

«Nous sommes en guerre et personne n’est épargné», a-t-il dit, en point de presse, rappelant l’importance de ne pas avoir peur de nommer «le terrorisme islamiste».

Il exhorte tous les chefs de gouvernement à «prendre tous les moyens» requis pour combattre le terrorisme, car «la terreur peut frapper n’importe où, n’importe quand».

«On ne doit pas être naïf, ce qui s’est produit à Bruxelles aujourd’hui aurait pu avoir lieu à Montréal, à Toronto», selon le chef caquiste, qui invite la communauté internationale à «faire front commun dans la guerre contre le terrorisme islamiste».

Dans sa déclaration sur le sujet, le chef de l’opposition officielle, Pierre Karl Péladeau, s’est montré plus évasif, rappelant l’importance de «poursuivre notre engagement pour une société plus juste, une planète où l’espoir, la liberté et la paix seront plus forts que la terreur».

De son côté, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a invité tous les Québécois à condamner «vigoureusement ces attaques ignobles qui ont frappé le cœur et la tête de l’Europe».

Le délégué général du Québec à Bruxelles, Michel Audet, a eu ces commentaires: «cette grande Europe-là avec ses valeurs de démocratie, de lutte contre la violence et la corruption, ses grandes institutions qui essaient de faire progresser cette partie du monde vers l’avenir, elle vient d’être touchée en plein coeur». Il estime que l’ampleur du drame aura certainement des répercussions en termes de mesures de sécurité accrues dans les espaces publics.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a indiqué que le niveau de sécurité n’avait pas été haussé au Québec, mais que les services policiers étaient davantage présents sur le terrain.

«On reste très attentif», a-t-il promis.

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