Josie Desmarais/Métro Jacques Daoust

Le gouvernement du Québec va finalement allonger une somme de 20 millions $ afin de permettre de réembaucher 182 travailleurs mis à pied au chantier maritime Davie, à Lévis, et de terminer ainsi les deux bateaux qui avaient été laissés en plan.

Le ministre des Transports, Jacques Daoust, en a fait l’annonce, jeudi à Québec, en prenant bien soin d’expliquer qu’il ne s’agissait pas là d’un «extra», d’un supplément qu’il acceptait de payer. Il s’agit d’un accommodement temporaire pour accélérer les choses, a-t-il laissé entendre.

Le gouvernement du Québec s’est retrouvé devant un litige qui a éclaté entre la Société des traversiers du Québec et le chantier maritime Davie, qui a commencé la construction de deux bateaux pour la STQ.

La Davie allègue qu’il y a eu des modifications aux plans et exige d’être payée pour les coûts supplémentaires que cela a engendrés, selon elle. Une réclamation de 20 millions $ a été évoquée, mais elle n’a pu être confirmée par le ministre des Transports.

Or, il semble, selon le ministre Daoust, que le problème vient plutôt d’une mauvaise traduction qui a été faite du français vers l’anglais, puisque la Société des traversiers fait ses communications en français, alors que Davie travaille en anglais et a fait traduire les documents.

«Le contrat a été fait en français; Davie l’exécute en anglais. Il y a des mots techniques qui n’ont pas la même interprétation», a noté le ministre des Transports.

À l’heure actuelle, un des traversiers est construit à 83 pour cent, l’autre à 73 pour cent et il n’a pas encore de coque, a précisé le ministre Daoust. De plus, la livraison des deux bateaux accuse déjà un retard.

Les 20 millions $ allongés temporairement par Québec doivent permettre de réembaucher les travailleurs de la Davie qui ont été mis à pied, afin de permettre que la construction des bateaux soit terminée.

«Comment voulez-vous qu’on termine cette construction-là si les travailleurs sont à la maison?» s’est exclamé le ministre des Transports.

Le litige entre les deux sociétés sera réglé par la suite, soit en médiation, soit devant les tribunaux si les parties ne parviennent pas à s’entendre en médiation, a indiqué M. Daoust.

Le ministre Daoust n’a toutefois pas annoncé la réembauche des travailleurs mis à pied. Il a fait parvenir une lettre à la Davie, jeudi, et il tient à obtenir un engagement ferme du constructeur à savoir qu’il acceptera de payer la somme si un éventuel tribunal statuait en ce sens.

«Si c’est Davie qui est responsable, ils nous rembourseront», a plaidé le ministre des Transports.

Le Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon, affilié à la CSN, s’était dit «très préoccupé» par ces mises à pied et avait pressé le gouvernement d’intervenir pour tenter de régler ce litige dont les travailleurs font les frais.

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