QUÉBEC – La nouvelle politique jeunesse du gouvernement Couillard compte de nombreux axes d’intervention, orientations et stratégies, mais aucun engagement précis.

La politique québécoise de la jeunesse 2030, rendue publique mercredi par le premier ministre Philippe Couillard, sera suivie à l’automne d’un plan d’action, qu’on promet plus détaillé en termes de mesures concrètes.

Le document, qui fait environ 80 pages, énumère une série de vagues objectifs consensuels, comme de favoriser de saines habitudes de vie, encourager la lutte contre le décrochage scolaire ou promouvoir la participation citoyenne des jeunes de 15 à 29 ans.

Un exemple parmi d’autres: le gouvernement dit vouloir «favoriser le développement des capacités des jeunes à faire des choix éclairés en matière de consommation d’alcool, de drogues et de boissons énergisantes». On veut aussi «soutenir la promotion de comportements sexuels sains et sécuritaires» et «contribuer à la promotion d’un mode de vie sans tabac».

Mais on ne dit pas dans le document comment on s’y prendra, avec quels moyens, ni quelles ressources, et en visant quelles cibles avec quels échéanciers.

Le gouvernement estime que l’application de sa nouvelle politique jeunesse pourrait nécessiter jusqu’à 200 millions $ de fonds publics d’ici 2021.

Cette somme devrait servir à mettre sur pied divers programmes de subventions à des organismes oeuvrant auprès des jeunes et dont les objectifs rejoignent ceux du gouvernement, qui a aboli l’an dernier les Forums Jeunesse en régions.

Il n’est question pour autant de forcer la main aux jeunes ou d’augmenter le nombre d’interdits. Devant les médias et un parterre d’invités, le premier ministre Couillard s’est montré rassurant, en disant qu’il voulait «inciter» les jeunes à adopter de bons comportements en général, mais qu’il ne voyait pas la pertinence de leur «interdire» quoi que ce soit.

«On parle beaucoup plus de mesures de prise de conscience, d’éducation, pour faire de bons choix», a dit M. Couillard.

Car selon lui interdire quoi que ce soit aux jeunes, «j’ai jamais cru que ça donne grand-chose».

Le choix du gouvernement de plutôt «sensibiliser» les jeunes à divers problèmes lui apparaît un chemin «plus prometteur».

Une bonne partie de la somme (75 millions $ sur cinq ans) sera réservée aux projets d’aide à la persévérance scolaire destinés aux jeunes en difficulté ou encore pour la création d’entreprises ou des projets de bénévolat.

La Coalition avenir Québec a jugé le document gouvernemental «plutôt timide».

«Le gouvernement vient d’accoucher d’une souris. L’heure n’est plus aux voeux pieux, mais aux actions et aux mesures structurantes pour faire une place aux jeunes dans notre société. Or, les libéraux échouent une fois de plus à montrer l’exemple», selon le député caquiste Jean-François Roberge.

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