Métro L'organisme Force Jeunesse estime que le gouvernement devrait imposer une forme de «quota» minimum pour assurer une présence des jeunes sur les CA des sociétés d'État.

Les jeunes sont peu présents dans les lieux décisionnels tels que les conseils d’administration, les conseils d’entreprise et les organismes non gouvernementaux au Québec. C’est le constat que fait le gouvernement du Québec dans sa nouvelle Politique québécoise de la jeunesse,
présentée hier. Mais les objectifs qu’il propose pour y remédier ne font pas l’unanimité, certains les trouvant trop peu ambitieux.

Voici les trois principaux objectifs de la Politique québécoise de la jeunesse pour faciliter l’accès des jeunes aux lieux décisionnels :

  • Permettre aux jeunes d’assumer rapidement leurs premières responsabilités;
  • Favoriser l’offre de formation de décideurs ou d’administrateurs destinée aux jeunes Québécoises et Québécois;
  • Encourager les jeunes à poser leur candidature à des postes décisionnels et faciliter leur accès à ces postes.

Force Jeunesse
Espoir et déception
Photo_Nolywe_Delannon_Fediah_2_bis«À travers cette politique, il y avait un momentum, il y avait une occasion pour le gouvernement de prendre des engagements forts, et malheureusement il a manqué cette opportunité», estime Nolywé Delannon, présidente de Force Jeunesse, un organisme visant la défense et l’amélioration des conditions de travail et des perspectives d’emploi pour la relève.
Elle rappelle que moins de 1 % des administrateurs des conseils d’administration des sociétés d’État ont moins de 35 ans. Force Jeunesse avait proposé que le gouvernement crée un poste dédié aux jeunes dans chacun de ces conseils d’administration. Une proposition qui avait reçu plusieurs appuis, notamment de l’opposition, des ailes jeunesse des principaux partis politique et des syndicats. Une occasion que le gouvernement aurait dû saisir, croit Mme Delannon. «Mais la responsabilité du gouvernement, nous ne la voyons pas dans cette politique, regrette Mme Delannon. Les mots “public” et “société d’État” ne sont pas là. Il est certain que si le gouvernement lui-même ne se contraint pas à imposer qu’on fasse de la place aux jeunes dans ces lieux décisionnels, il est peu probable que le privé se dise qu’il doit en faire davantage.»

Elle a toujours espoir de voir plus de détails dans le plan d’action qui viendra à l’automne, mais déplore «le manque de précision de cette politique qui fixe le cap jusqu’en 2030». «On peut difficilement se contenter de mesures timides qui ne vont pas changer radicalement la donne. Nous avons besoin de changer la donne», dit-elle.

Nolywé Delannon se réjouit toutefois que le gouvernement s’engage, par cette politique, à analyser les situations d’iniquité envers les jeunes dans les milieux de travail, notamment à travers les avantages sociaux fixés par certaines conventions collectives.

Coalition Avenir Québec
Voeux pieux
Jean-Francois Roberge
«Des propositions timides». C’est ainsi qu’est qualifiée la Politique québécoise de la jeunesse par le député de Chambly et porte-parole de la Coalition avenir Québec (CAQ) en matière de jeunesse, Jean-François Roberge. Il a rappelé que la CAQ avait également appuyé l’idée de réserver un siège à un jeune de 35 ans et moins dans chaque conseil d’administration des sociétés d’État au Québec.

«L’heure n’est plus aux vœux pieux, mais aux actions et aux mesures structurantes pour faire une place aux jeunes dans notre société. Le premier ministre se contente d’orientations timides, en attendant qu’une vraie stratégie soit établie, alors qu’il pourrait marquer le pas avec des mesures avouées et assumées», a affirmé par communiqué M. Roberge.

Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec
Le ton est donné
jonathan_marleau_OFFICIALToutes les mesures concrètes et précises pour déterminer comment ouvrir la porte des lieux décisionnels aux jeunes viendront dans le plan d’action à l’automne, répond pour sa part Jonathan Marleau, président de la Commission-Jeunesse du Parti libéral du Québec (CJPLQ).

La CJPLQ est toujours en faveur d’une place dédiée aux jeunes dans les conseils d’administration des sociétés d’État et ceux des ordres professionnels, afin de donner «de vraies chances aux jeunes d’être élus», dit son président. Il a bon espoir de voir cette mesure dans le plan d’action. «La Politique jeunesse, c’est ce qui guide notre action, elle dicte les objectifs qu’on veut atteindre. Et quand les différents organismes vont se mettre à la planche à dessin, ils vont prendre ce guide, pour ensuite faire des propositions de mesures concrètes pour le plan d’action», explique le président du CJPLQ.

Il estime que de plus en plus d’organisations prennent conscience du déficit démographique au Québec et assure que cette Politique jeunesse vient donner le ton. «Le gouvernement vient dire [aux organisations] : “Écoutez, là, on est rendus à l’étape où il faut vraiment que vous y pensiez et que vous prépariez une relève. Vous êtes forcés d’avoir cette réflexion. Trouvez des solutions qui correspondent à votre milieu”», illustre M. Marleau.

Miser sur la formation est pour lui un moyen de «s’assurer que les jeunes soient prêts» à entrer dans ces milieux. «Le gouvernement peut assumer une partie de cette formation, mais les organisations doivent faire leur part également», ajoute-t-il. Il estime également que les changements se feront lentement dans certains milieux, alors que d’autres pourront les faire instantanément.

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