EDMONTON – Les militants du Nouveau Parti démocratique (NPD) décideront de la direction que doit prendre leur parti — et si celui qui guide actuellement ses destinées doit demeurer aux commandes — dans le cadre du congrès qui s’est ouvert vendredi à Edmonton.

Le chef Thomas Mulcair, qui a été montré du doigt dans la foulée de la cuisante défaite de son parti aux élections d’octobre dernier, sera fixé sur son sort dimanche, alors que se tiendra le vote de confiance.

Au cours des dernières semaines, le caucus socialiste, d’anciens députés et militants du Québec ainsi que l’aile jeunesse du parti ont effectué des sorties pour réclamer une course à la direction.

Mais selon le leader du parti à la Chambre des communes, Peter Julian, le chef du NPD obtiendra un «un mandat fort» lors du vote de dimanche.

«Il va avoir une majorité de la salle, c’est sûr. C’est vers là, je pense, que les gens se dirigent», a-t-il prédit vendredi.

L’idée que les délégués devraient permettre à M. Mulcair de conserver les rênes du parti de façon temporaire, en quelque sorte, circule dans les corridors du centre des congrès d’Edmonton.

«Je suis un peu dans cette position-là», a affirmé l’ex-députée Nycole Turmel, d’après qui le moment est mal choisi pour une course à la direction.

Car d’ici le prochain congrès néo-démocrate de 2018, le NPD aura besoin du redoutable parlementaire qu’est le député d’Outremont, a-t-elle fait valoir.

«Tom, en Chambre, faisait un excellent travail. On ne s’est jamais caché qu’il avait de la misère à rejoindre les gens», a exposé Mme Turmel.

«On doit l’aider à changer cela, a-t-elle enchaîné. Mais je ne pense pas que présentement, c’est le temps d’une course à la chefferie.»

L’ex-député Yvon Godin croit au contraire que les militants doivent prendre une décision plus tôt que tard: s’ils veulent une course à la direction, qu’ils le réclament maintenant, a-t-il plaidé.

«S’il y en a une (course), ça devrait être le plus tôt possible, pour la simple raison que l’autre personne doit se faire connaître (avant la prochaine élection)», a suggéré M. Godin.

«Et si on dit oui à M. Mulcair, on lui dit oui, c’est oui aussi pour la prochaine élection», a tranché celui qui avait annoncé son retrait de la vie politique avant les élections de l’automne dernier.

Une autre ancienne députée néo-démocrate, Alexandrine Latendresse, a pour sa part offert un appui bien senti à Thomas Mulcair.

«Je rêve souvent de vivre dans un Canada qui serait dirigé par un premier ministre Mulcair, donc je vais continuer à travailler pour que ça puisse arriver», a-t-elle fait valoir.

Le principal concerné, qui a laissé entendre qu’un taux d’appui de 70 pour cent lui semblerait satisfaisant, a martelé sur toutes les tribunes depuis la déconvenue de ses troupes qu’il souhaitait demeurer en poste.

«Je ne prends strictement rien pour acquis et je vais continuer à travailler sans relâche jusqu’à dimanche pour avoir le meilleur pourcentage de soutien possible», a cependant insisté Thomas Mulcair en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, mardi dernier.

Les membres du NPD devront se prononcer sur la pertinence d’organiser une course à la direction — le chef doit donc espérer une majorité de «non» s’il veut remporter son pari.

Techniquement, une majorité simple est requise lors du vote de dimanche pour que le NPD déclenche une course à la direction.

Lors du vote de confiance auquel s’était soumis Thomas Mulcair en avril 2013, les militants avaient été 92,3 pour cent à dire «non» à la question de la nécessité d’une course à la direction.

Mais il n’y a pas que la question du leadership à régler.

Les quelque 1800 délégués qui ont convergé vers la capitale albertaine devront auparavant se prononcer sur les orientations qu’ils souhaitent donner à leur parti.

Les résolutions qui seront adoptées au cours du week-end donneront une bonne idée de la suite des choses.

Le libellé de bon nombre d’entre elles évoque la nécessité de redorer le blason progressiste du NPD.

Une circonscription torontoise écrit à ce sujet que «les néo-démocrates savent que la voie vers le pouvoir ne s’ouvrira pas en nous éloignant des politiques progressistes» et que «les politiques progressistes constituent le pouls du NPD du Canada».

La présidente sortante du parti, Rebecca Blaikie, rejette la prémisse que le NPD a renié ses racines progressistes pour accéder enfin au pouvoir à Ottawa.

L’enjeu de l’équilibre budgétaire, qui a permis aux libéraux de se détacher pendant la campagne électorale, a «créé cette impression» — une perception erronée, selon elle.

«Moi, je rejette un peu ce discours qu’équilibrer le budget, c’est nécessairement soit à gauche, soit à droite. Je pense que c’est compliqué; ça dépend des circonstances et de l’état de l’économie», a insisté Mme Blaikie.

Une résolution exhortant le NPD à faire un pas vers la gauche de l’échiquier politique en s’inspirant du manifeste «Un bond vers l’avant» — qui demande qu’aucun nouveau projet d’infrastructure d’extraction d’hydrocarbures ne soit approuvé — sera débattue samedi sur le plancher du congrès.

Déjà, le texte a beaucoup fait jaser vendredi, la première ministre néo-démocrate de l’Alberta, Rachel Notley, ayant livré la veille dans une allocution télévisée un plaidoyer en faveur d’un projet d’oléoduc qui permette le transport du pétrole d’ouest en est du pays.

La province de l’ouest, qui subit les contrecoups de la chute vertigineuse des prix de l’or noir, a besoin que le fédéral fasse tout en son pouvoir en vue de l’approbation d’une telle infrastructure, a plaidé la dirigeante, qui prononcera un discours samedi devant les militants du NPD.

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