HALIFAX – Les militantes pour le droit à l’avortement soutiennent que la lutte pour un meilleur accès doit se poursuivre même si depuis la semaine dernière, l’intervention pourra dorénavant être offerte dans toutes les provinces canadiennes.

Le gouvernement libéral de l’Île-du-Prince-Édouard a promis il y a une semaine que le service serait offert d’ici la fin de l’année dans l’île même, mettant ainsi un terme à une contestation judiciaire. Les femmes de cette province doivent actuellement quitter l’île pour obtenir un avortement dans une province voisine.

Mais pour les militantes, le combat n’est pas pour autant terminé: il faut maintenant, selon elles, accroître l’accès à l’avortement partout au pays, particulièrement en régions — et surtout en zones rurales.

Joyce Arthur, de la Coalition pour le droit à l’avortement au Canada, soutient que l’accès à l’avortement, s’il est relativement aisé dans les grands centres, demeure encore «difficile, voire marginal» en régions — et même dans certaines provinces, comme la Saskatchewan, le Manitoba, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador.

Les changements observés à l’Île-du-Prince-Édouard ne sont pas passés inaperçus dans la province voisine du Nouveau-Brunswick, où les groupes de pression enragent de voir que malgré les promesses du gouvernement libéral de Brian Gallant, l’accès à l’avortement est toujours difficile dans certains régions, notamment en zones rurales. À court d’arguments et de moyens de pression, Hannah Gray, de l’organisme Justice reproductive Nouveau-Brunswick, évoque même la possibilité d’imiter les militantes de la petite province voisine et de poursuivre le gouvernement devant les tribunaux.

La question de l’accès à l’avortement ne date pas d’hier au Nouveau-Brunswick: à la fin des années 1980, après l’arrêt Morgentaler de la Cour suprême, le gouvernement progressiste-conservateur de Richard Hatfield décrétait que les femmes pouvaient obtenir cette intervention dans deux hôpitaux seulement, et à condition que deux médecins attestent de sa «nécessité médicale».

Il aura fallu attendre plus de 25 ans avant que Fredericton ne modifie cette procédure. Le gouvernement libéral de Brian Gallant a décidé l’an dernier de financer les avortements dans trois hôpitaux de Moncton et Bathurst, et de renoncer aux attestations médicales. Mais des militantes comme Hannah Gray soutiennent que les libéraux sont loin de remplir leurs promesses en matière d’accès universel.

Joyce Arthur, de la coalition nationale, aimerait bien que les provinces s’impliquent plus activement pour accroître l’accès à l’avortement, en offrant par exemple des incitations financières aux médecins en régions. Son organisation souhaiterait aussi qu’Ottawa crée une «zone tampon fédérale» où pourraient se pratiquer des avortements. On pourrait aussi, selon elle, réexaminer les seuils maximaux de grossesse fixés pour pratiquer un avortement — qui varient de 13 à 23 semaines selon les provinces.

«Si on met les choses dans leur juste perspective, il est clair que l’accès à l’avortement est meilleur au Canada que dans la plupart des pays du monde, admet Mme Arthur. Mais si on compare l’accès à l’avortement à celui d’autres interventions médicales au Canada, on est bien loin du compte.»

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