La période difficile que traverse l’industrie de la restauration au Québec ne devrait pas se terminer de sitôt, selon une étude publiée hier par le Conference board du Canada.

C’est une tendance qui se décèle un peu partout au pays, alors que la faible croissance de l’emploi, causée en partie par l’effondrement des prix de pétrole, et le niveau d’endettement des ménages limite la croissance des dépenses des Canadiens.

«L’industrie de la restauration dépend des dépenses discrétionnaires, et les gens coupent dans ce type de dépenses avant de couper dans leur budget d’épicerie ou leur budget de télécommunications, par exemple», fait remarquer l’économiste principale au Conference board, Kristelle Audet.

Du côté du Québec, la province connaît le plus faible taux de croissance de dépenses en restauration, avec1,5% en 2015, comparé à 5,5% en Ontario et plus de 6,5% en Colombie-Britannique.

«La croissance économique du Québec a été plus faible comparativement au reste du Canada au cours des quatre ou cinq dernières années, donc ça limite l’emploi et la croissance des salaires. Moins de revenu disponible veut dire moins d’argent consacré à la restauration», explique Mme Audet.

«Le Québec a aussi une population plus vieillissante, ajoute-t-elle. En général, les personnes plus âgées vont moins souvent au restaurant, et quand elles y vont, elles dépensent moins.»

Le vice-président aux affaires publiques et gouvernementales de l’Association des restaurateurs du Québec (ARQ), François Meunier, n’avait pas pris connaissance hier du rapport du Conference board, mais il décrivait une situation sur le terrain qui correspond à ses conclusions.

Ce dernier avance que l’industrie de la restauration au Québec vit des moments pénibles depuis deux ans, avec une décroissance réelle des revenus de 1,2% en 2015 lorsque l’inflation est prise en compte.

«On est dans un mode vraiment “beau, bon, pas cher” aujourd’hui, la restauration haut de gamme est davantage plombée que les autres secteurs, déplore-t-il. Les seuls secteurs en croissance au Québec depuis 10 ans, ce sont les collations, les déjeuners et les dîners.»

M. Meunier dresse d’ailleurs un portrait peu reluisant pour l’industrie de la métropole. «Montréal est vraiment dans un creux de vague. Il y a un exode clair de la clientèle vers les banlieues», juge-t-il.

Il explique cette situation par le développement de l’offre de divertissement et gastronomique en périphérie et par l’essoufflement du monde des affaires, qui dépense moins dans les restaurants pour les fonctions officielles.

Il déplore aussi les perceptions négatives qu’ont les banlieusards de la situation de transport en ville et les importants chantiers qui ont sied au centre-ville. «Quand vous avez des grandes artères comme Saint-Denis qui sont fermées pendant des mois de temps, ça ne peut qu’avoir un impact négatif», lance-t-il.

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