Mariane L. St-Gelais Mariane L. St-Gelais / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Le Parti québécois (PQ) a réussi facilement à conserver Chicoutimi dans son giron, lundi, avec l’élection de Mireille Jean dans cette forteresse nationaliste du Saguenay.

L’Assemblée nationale comptera donc désormais 36 femmes sur 125 députés, soit 28,8 pour cent des élus.

Mme Jean a pris les devants dès la fermeture des bureaux de scrutin, s’assurant une confortable et insurmontable avance sur ses cinq adversaires.

Mme Jean s’en tire avec une majorité enviable de 3110 voix, ayant accaparé 46,7 pour cent du vote. La candidate libérale, Francyne T. Gobeil, était 16 points derrière, ayant obtenu l’appui de 30 pour cent des électeurs.

Loin de s’écraser, le Parti libéral du Québec (PLQ) fait donc tout de même bonne figure, son score étant passé de 22 pour cent, en 2012, à 29 pour cent, en 2014, et 30 pour cent en 2016.

Pour la Coalition avenir Québec (CAQ), la soirée a été plus difficile. La CAQ, qui avait terminé deuxième en 2012, devant le PLQ avec 25 pour cent du vote, est tombée à moins de 12 pour cent d’appui, devançant de peu Québec solidaire, avec 8 pour cent.

Le taux de participation a été de 41,9 pour cent.

Plus de 46 000 électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir un successeur à Stéphane Bédard, qui a choisi de mettre un terme à sa carrière politique en octobre dernier, après avoir représenté cette circonscription du Saguenay pendant 17 ans.

Bastion péquiste depuis quatre décennies, la circonscription de Chicoutimi avait auparavant été représentée notamment par le père du député sortant, Marc-André Bédard, ministre de la Justice dans le cabinet de René Lévesque.

Le plus récent sondage Sigma, effectué les 5 et 6 avril, soit après l’affaire Sam Hamad, annonçait déjà les couleurs de la soirée électorale, donnant une forte avance à la candidate du PQ. Elle obtenait 44 pour cent des intentions de vote, soit le double de sa principale adversaire, Francyne T. Gobeil, du Parti libéral du Québec (PLQ).

Hélène Girard défendait les couleurs de la Coalition avenir Québec (CAQ), et Pierre Dostie celles de Québec solidaire (QS). Le chef du Parti vert (PVQ), Alex Tyrell, était également dans la course, de même que Catherine Bouchard-Tremblay, pour Option nationale (ON).

Vers 22 h, le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, s’est présenté au rassemblement de son parti avec la nouvelle élue. «Quelle belle soirée, ici, sur la rue Racine à Chicoutimi!», s’est-il exclamé, entouré de nombreux députés péquistes et des anciens députés de la circonscription, Jeanne Blackburn, Stéphane et Marc-André Bédard.

Mme Jean a dit interpréter sa victoire comme étant une victoire «contre les mesures d’austérité du gouvernement libéral». Elle dit vouloir mettre l’accent sur le développement économique, dans cette région frappée par un fort taux de chômage.

«J’aimerais souligner à quel point je suis fière d’avoir participé à une campagne au cours de laquelle quatre femmes étaient candidates. Ça démontre la vitalité certaine de l’engagement des femmes en politique. Il y a de quoi être fier», a-t-elle aussi déclaré.

Le PQ est toujours sorti vainqueur à Chicoutimi, mais à des degrés divers. En 2014, la majorité de Stéphane Bédard n’était que de 1605 voix, ce qui donnait espoir aux libéraux de pouvoir inverser la tendance.

Cette conviction des libéraux de pouvoir l’emporter dans Chicoutimi était renforcée par le fait qu’ils avaient réussi à attirer une candidate de choix, très bien connue dans la région, l’ancienne chef de cabinet du maire de Saguenay, Jean Tremblay.

La fièvre péquiste avait déjà été plus forte avec des majorités écrasantes de plus de 10 000 voix en 1998 et de 6907 voix en 2012. Cette année-là, le PLQ s’était même classé troisième, derrière la CAQ.

Les péquistes pouvaient craindre que les électeurs puissent tenir rigueur au chef du parti, Pierre Karl Péladeau, d’avoir évincé Stéphane Bédard de ses fonctions de leader parlementaire de l’opposition officielle. Les libéraux avaient tenté de taper ce clou durant la campagne électorale, mais visiblement la tentative a échoué.

Architecte de formation, Mireille Jean est une entrepreneure. Ella a fondé l’entreprise de haute technologie Trioniq. Elle a été candidate à la mairie de Saguenay en 2005.

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