Chantal Levesque/Métro «Les chercheurs sont sous-financés», affirme le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion.

Après des années de vaches maigres, il y a enfin des signes encourageants pour la recherche en santé à Montréal, croit le scientifique en chef du Québec, Rémi Quirion. Davantage de financement est toutefois nécessaire pour faire partie des leaders mondiaux en la matière.

«Les chercheurs sont sous-financés. Plutôt que de faire de la recherche avec leurs équipes d’étudiants, ils sont dans leurs bureaux à écrire des demandes de subventions», a déploré le Dr Quirion, qui était invité jeudi à participer à un événement du Conseil des relations internationales de Montréal intitulé «Montréal, pôle international en santé».

Le Dr Quirion rappelle que l’objectif est d’améliorer la façon de traiter les problèmes de santé des Québécois. «Quand les études cliniques se font ici plutôt qu’ailleurs dans le monde, les citoyens peuvent bénéficier plus rapidement de nouveaux traitements. Si on les importe, ça peut prendre de quatre à cinq années de plus pour le transfert de connaissances», a-t-il souligné.

Cette année, le gouvernement a investi 30 M$ de plus dans les Instituts de recherche en santé du Canada. Les cinq années précédentes, le financement avait plafonné à environ 1 G$. En prenant l’inflation en compte, il s’agissait d’une baisse.

«Ça a ralenti notre production de recherche en sciences de la vie et mis en péril notre compétitivité à l’international. Même si on n’a pas les chiffres, ça a sans doute dissuadé des jeunes de faire des carrières en recherche, puisqu’il n’y avait pas de postes dans les universités et les compagnies pharmaceutiques», a indiqué le scientifique.

«Il faut s’assurer qu’on a les moyens de nos intentions pour des projets de recherche de pointe, que ce soit pour le cancer, pour les maladies cardiovasculaires ou pour autre chose.» -Rémi Quirion, scientifique en chef du Québec

Cette petite hausse du financement fédéral, conjuguée à un discours qui valorise la recherche, redonne espoir aux chercheurs, croit le Dr Quirion. «Au Québec, le financement est instable d’une année à l’autre et on n’a pas eu d’augmentation cette année. Mais le gouvernement a présenté un budget équilibré et envoie le message que la société du savoir est importante», a-t-il considéré.

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