Justin Tang Justin Tang / La Presse Canadienne

VANCOUVER – La sous-culture marginale des consommateurs de «pot» sera ébranlée par la légalisation prochaine de la marijuana au Canada, parce que quand la raison de protester sera disparue, s’en ira aussi le culte et le cachet entourant cette drogue, affirment des experts.

Cette déclaration survient alors que le gouvernement fédéral a annoncé qu’un projet de loi sur la marijuana sera déposé au printemps 2017 et que des milliers de gens se sont réunis partout au Canada pour la célébration annuelle de la «journée internationale du cannabis» le 20 avril (connue sous le nom de «4-20» en anglais).

Protester contre la prohibition du cannabis est devenu un mouvement social avec sa propre idéologie et ses symboles, mais cela risque de changer avec la révocation de la criminalisation, affirme Benedikt Fischer, un scientifique au Centre pour les dépendances et la santé mentale.

Selon lui, quand la marijuana sera légale, normalisée et généralisée, la «cause sociale» va disparaître.

Lynne Belle-Isle, cofondatrice de la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, convient qu’avec la légalisation, l’attrait de fumer du cannabis comme forme de rébellion pourrait disparaître.

Elle dit que la société pourrait bénéficier d’un message mettant l’accent sur un usage responsable et sécuritaire.

«Comme l’alcool, si vous voyez vos parents prendre un verre de vin au souper, il n’y a aucun problème. Vous apprenez la consommation responsable si c’est ce à quoi vous avez été exposé», dit-elle.

«Les normes sociales sont créées lorsque vous pouvez le faire ouvertement, ce qui n’arrive pas quand les gens doivent se cacher.»

L’un des plus gros rassemblements du mouvement de protestation avait lieu mercredi sur la plage Sunset de Vancouver, où les participants allumaient leurs joints ou consommait du «pot» intégré dans des aliments pour l’acte annuel de désobéissance civile.

Plus tôt mercredi, la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a déclaré lors d’une plénière extraordinaire des Nations unies sur les drogues que le gouvernement libéral est convaincu que la légalisation est la meilleure façon de protéger les jeunes et d’améliorer la santé publique.

Le militant de longue date David Malmo-Levine, 44 ans, participe au mouvement de protestation depuis près de 20 ans et il affirme que la culture du «pot» est essentielle pour en arriver à sa légalisation.

«Si vous faites en sorte que cela a l’air amusant, plus de gens vont participer», dit-il.

«Nous allons danser dans les rues et (…) fumer nos fleurs magiques. Quand tout le monde sera libre, il y aura une célébration formelle. Mais d’ici à ce que tout le monde soit libre, c’est encore une manifestation.»

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