PAUL CHIASSON / La Presse Canadienne Karla Homolka

Karla Homolka, jadis condamnée en lien avec deux meurtres, a purgé sa peine et a droit à la possibilité de refaire sa vie, affirment des militants investis dans l’aide aux criminels à s’ajuster à la vie après la prison.

Le seul fait que Karla Homolka ait vécu sans faire de bruit pour un bon moment à Châteauguay, en Montérégie, laisse croire que la criminelle notoire s’est bien intégrée à la société, a soutenu  Kim Pate, la directrice générale de l’Association canadienne des Sociétés Elizabeth Fry – dont la mission est de venir en aide aux femmes confrontées au système de justice pénale.

Certains parents de Châteauguay ont exprimé leurs inquiétudes à la suite des informations ayant circulé selon lesquelles Karla Homolka réside dans ce secteur et certains de ses enfants fréquentent une école locale.

Mme Pate a dit comprendre les craintes de la collectivité, mais a appelé les parents à se demander si leurs enfants sont vraiment en danger.

«Est-ce que (ces craintes) sont basées sur des mythes et des stéréotypes ou sur un risque réel?», a-t-elle fait valoir, soulignant que les crimes à caractère sexuel sont plus souvent qu’autrement commis par un membre de la famille ou une connaissance.

Les parents et les voisins ne devraient pas juger trop durement Karla Homolka, a affirmé la directrice générale de La Société John Howard du Canada, Catherine Latimer.

«Elle a reçu sa sentence, elle a purgé sa peine et il n’y a pas de raisons de croire qu’elle n’est pas réhabilitée», a dit Mme Latimer, dont le groupe épaule les condamnés au criminel à réintégrer la société.

«La question est de savoir si elle obtiendra la chance d’être réintégrée», a-t-elle poursuivi.

Après avoir signé un accord sur un plaidoyer impliquant son ex-mari Paul Bernardo dans les meurtres violents à caractère sexuel des adolescentes ontariennes Kristen French et Leslie Mahaffy, Karla Homolka a été condamnée à 12 ans de prison pour homicide involontaire.

Des preuves vidéo ont montré par la suite qu’elle avait été une participante active dans des agressions sexuelles répétées contre les deux adolescentes.

Karla Homolka a été libérée en 2005, et s’était installée sous le nom de Leanne Bordelais en Guadeloupe, où elle avait été éventuellement retracée par un journaliste.

En 2014, sa soeur Logan Valentini, témoignant au procès pour meurtre de Luka Rocco Magnotta, avait révélé que Karla Homolka avait déménagé au Québec.

Mardi, la directrice de l’école primaire Centennial Park, Joanne Daviau, avait envoyé une lettre aux parents pour les rassurer et leur dire que leurs enfants sont en sûreté. Mercredi, la commission scolaire a publié un communiqué du même ordre.

«Toute la journée, l’accès à l’école est contrôlé. Le personnel connaît bien les familles et est vigilant quand il est question de permettre l’accès à des adultes à l’école», a dit la commission scolaire New Frontiers.

Joe Wamback, fondateur de la Fondation canadienne pour les victimes de crime (CCVF), établie à Toronto, estime que Karla Homolka ne peut pas être réhabilitée.

«La psychologie d’un tueur en série — la psychologie de quelqu’un qui a été impliqué dans des actes comme ceux auxquels elle a pris part — n’a même pas encore été grattée en surface (…), à savoir ce qui motive, ce qui pousse, ce qui crée ce genre de personne», a-t-il soutenu.

Mais Mme Latimer a dit croire que de refuser une chance aux condamnés de réintégrer la société représentait le véritable problème.

«Il y a de plus en plus de barrières à la capacité de vivre une vie normale, ce qui ne prédispose pas les gens à un comportement socialement adéquat. Cet échec à soutenir la réintégration peut causer un risque plus grand aux collectivités», a-t-elle fait valoir.

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