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MONTRÉAL – L’Ordre professionnel des technologistes médicaux s’inquiète de la grande réorganisation des laboratoires médicaux au Québec.

En vertu du programme du ministère de la Santé et des Services sociaux, 16 centres ou laboratoires serveurs sont ou seront responsables des analyses des prélèvements et spécimens provenant des divers centres hospitaliers et cliniques des régions.

Ce ne sont pas toutes les régions du Québec qui auront un labo serveur, ce qui nécessitera des transports d’échantillons sur de longues distances.

Par exemple, Rimouski aura la responsabilité des analyses pour la Gaspésie et la Côte-Nord, tandis que l’Hôtel-Dieu de Lévis s’occupera de la région de Chaudière-Appalaches.

À l’Hôpital régional de Portneuf, une partie des activités effectuées par les technologistes du laboratoire seront transférées au CHU de Québec-Université Laval, tandis que les analyses urgentes ou qui ne peuvent subir de longs déplacements continueront d’être effectuées sur place. Aucune perte d’emploi n’aura lieu, mais certains technologistes seront invités à combler des postes au CHU de Québec-Université Laval, a indiqué à La Presse Canadienne, Geneviève Dupuis de la Direction des communications et du rayonnement au CHU de Québec-Université Laval.

À Montréal, le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) doit s’occuper des prélèvements de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec.

Ces exemples de transfert s’inscrivent dans la réorganisation du réseau des laboratoires du Québec, appelée Optilab, soutenue le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

«Nous sommes très préoccupés», a soutenu la présidente de l’Ordre professionnel des technologistes médicaux, Nathalie Rodrigue, interrogée dans le cadre de la Semaine nationale du laboratoire médical.

Elle a cité en exemple les projets en Gaspésie et en Abitibi, où des analyses hors laboratoire seront effectuées par des infirmières pendant que les labos sont fermés la nuit ou la fin de semaine. Mme Rodrigue avertit qu’il faudra s’assurer de la qualité et de la faisabilité de la démarche alors que les infirmières sont déjà débordées.

Mme Rodrigue s’interroge aussi sur le fait qu’il n’y a pas d’indicateurs pour mesurer l’allongement des délais, la traçabilité et le transport des spécimens, tout en se questionnant sur l’avenir des techniciens dans les régions.

L’ordre rappelle que 85 pour cent des diagnostics et suivis thérapeutiques faits par les médecins s’appuient sur les résultats d’analyses effectuées par les technologistes.

Au Québec, plus de 4600 technologistes médicaux contribuent à déceler et à identifier, par divers procédés scientifiques reconnus et utilisés en laboratoire médical, les signes de maladie ne présentant pas de symptômes apparents.

L’Ordre professionnel des technologistes médicaux tiendra son congrès annuel à Gatineau du 26 au 28 mai, avec pour thème «Sur la piste du renouveau».

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