Adrian Wyld Justin Trudeau. Adrian Wyld / La Presse Canadienne

OTTAWA – Le gouvernement canadien a publiquement déclaré qu’il ne négociait pas avec les terroristes, mais il pourrait en réalité être plus flexible qu’il ne le dit.

Les Canadiens qui voyagent à l’étranger ne sont pas à l’abri des enlèvements motivés par les gains financiers ou par des raisons politiques et propagandistes, peut-on lire dans le rapport canadien de la Sécurité publique sur le terrorisme paru en 2014.

Le rapport dresse aussi les lignes strictes de l’approche du gouvernement fédéral en cas d’enlèvement: pas de modifications de politiques, pas d’échanges de prisonniers, pas d’immunité et pas de rançon.

Le site Internet des affaires étrangères du Canada affirme que si un Canadien est victime d’un détournement, d’une prise d’otages ou d’un enlèvement, les dirigeants du consulat canadien peuvent «travailler avec les autorités locales pour faciliter une libération rapide et prudente», et maintenir le contact avec un membre désigné de la famille pour la tenir informée.

Il ne se penche pas sur le problème du paiement de la rançon.

Les militants du groupe islamiste Abou Sayyaf, qui ont tué le Canadien John Ridsdel aux Philippines, lundi, avaient demandé une énorme somme d’argent pour lui et trois autres otages.

Une lettre d’Al-Qaïda obtenue par l’Associated Press, il y a trois ans, laisse croire qu’une somme d’environ un million de dollars avait été payée pour la libération du diplomate canadien Robert Fowler, au Niger, en 2009.

M. Fowler, le représentant le plus haut gradé des Nations unies dans le pays africain, et son collègue Louis Guay, avaient été enlevés et détenus pendant quatre mois avant d’être libérés.

L’agence de presse n’avait cependant pas indiqué qui avait fourni la somme pour la libération de MM. Fowler et Guay.

Dans ses mémoires, M. Fowler a indiqué qu’il ne savait pas si une rançon avait été payée.

Cependant, le Globe and Mail a rapporté que l’entente — négociée par plusieurs pays occidentaux avec l’aide d’intermédiaires africains — avait impliqué un échange de prisonniers et un paiement de plusieurs millions de dollars.

Un document diplomatique américain ayant filtré au mois de février 2010 avait aussi laissé croire que le Canada effectuait des paiements, citant l’ancien ambassadeur américain au Mali: «Il est difficile de critiquer les pays comme le Mali et le Burkina Faso parce qu’ils facilitent les négociations quand les pays qui paient des rançons, comme l’Autriche et le Canada, ont des laissez-passer.»

La journaliste Amanda Lindhout, originaire de Red Deer, en Alberta, et le photographe australien Nigel Brennan ont été enlevés en Somalie en août 2008. Les deux ont été libérés le 25 novembre 2009 après que leur famille eut payé une rançon.

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