Ryan Remiorz Ed Bastian, Alain Bellemare, Fred Cromer. Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Bombardier a enfin décroché la commande tant attendue qui permettra à sa famille d’avions CSeries de véritablement décoller et de se tailler une place dans un marché largement occupé par Boeing et Airbus.

Après des semaines de rumeurs, Delta Air Lines a confirmé jeudi l’achat de 75 appareils, une commande dont la valeur, selon les prix affichés, est estimée à 5,6 milliards $ US.

«C’est toute une nouvelle, l’industrie au complet va en entendre parler, a lancé avec enthousiasme le président et chef de la direction de Bombardier, Alain Bellemare, en conférence de presse. C’est le sceau qui vient valider que le programme est là pour rester.»

Cette commande, assorties d’options pour 50 autres avions CS100 ou CS300, est la plus importante jamais enregistrée à ce jour pour la CSeries et fait de Delta le plus important client de cette gamme d’appareils.

Le nouveau grand patron du transporteur d’Atlanta, Ed Bastian, s’est même spécialement déplacé aux installations de Bombardier à Mirabel, dans le hangar où l’on avait placé un CS100 maquillé du logo de Delta.

«La décision de Delta, à notre avis, fait de Bombardier le troisième joueur dans ce secteur (des avions commerciaux) aux côtés de Boeing et Airbus», a lancé M. Bastian, sous les applaudissements des personnes présentes dans le hangar.

Cet engagement de Delta redonne non seulement un élan au programme de la CSeries, marqué par des retards et dépassements de coûts, mais il permet également à Bombardier de dépasser son objectif de décrocher au moins 300 commandes fermes avant les premières livraisons, prévues en juin.

Après les CRJ 100 dans les années 1990, c’est la deuxième fois que Delta est le premier transporteur nord-américain à exploiter un avion construit par Bombardier, s’est plu à rappeler M. Bellemare.

À entendre M. Bastian, le transporteur américain, qui n’a jamais caché son intérêt pour la CSeries, semble avoir bénéficié de rabais considérables consentis par la multinationale québécoise.

«La donne a changé (…) lorsque nous sommes parvenus à atteindre un prix conforme à notre cadre opérationnel, a-t-il dit. Ces tractations sont normales pour ce genre de négociations.»

Certains analystes qui suivent Bombardier sont convaincus que l’entreprise a probablement dû consentir des rabais pour convaincre Delta, estimant toutefois que ces concessions en valent la peine

«Le statut de Delta parmi les principaux transporteurs aériens (de la planète) aidera à assurer la pérennité à long terme de la CSeries et pourrait paver la voie à d’autres commandes», a souligné l’analyste Walter Spracklin, de RBC marchés des capitaux, dans un rapport.

Les livraisons des CS100, en configuration de 110 sièges, doivent débuter en 2018 et s’échelonner jusqu’en 2021 en ce qui a trait aux commandes fermes.

Alors que plusieurs observateurs s’attendaient à ce que Delta remplace sa flotte de McDonnell Douglas MD-88 de 150 places avec la CSeries, les avions de Bombardier prendront plutôt la place d’Embraer E190 et de CRJ 200.

M. Bastian a toutefois laissé entendre que le transporteur pourrait se tourner vers des CS300 lorsque viendra le temps de convertir ses options pour remplacer les MD-88.

«Le CS300 répond aux critères et c’est pour cela que nous avons négocié des options, a affirmé le grand patron de Delta. C’est certain que la CSeries va nous aider.»

Cette commande du transporteur d’Atlanta tombe à point pour Bombardier (TSX:BBD.B), qui tiendra vendredi son assemblée annuelle des actionnaires à ses installations de Mirabel.

L’avionneur pourrait également avoir d’autres bonnes nouvelles à annoncer puisque certains s’attendent à ce qu’Air Canada (TSX:AC) profite de la publication de ses résultats trimestriels, vendredi, pour annoncer la conversion en commande ferme de sa lettre d’intention signée en février dernier pour 45 avions CS300.

«Nous progressons très bien, a répondu M. Bellemare, lorsque questionné sur le sujet. Nous devrions conclure notre entente finale avec eux au cours des prochaines semaines.»

Selon le prix affiché, la valeur de cette commande est évaluée à 3,8 milliards $ US.

Bombardier a par ailleurs dévoilé ses résultats du premier trimestre, période au cours de laquelle sa perte ajustée a été de 34 millions $ US, ou 3 cents US par action, par rapport à un profit de 170 millions $ US, ou 9 cents US par action, l’an dernier.

Son chiffre d’affaires a fléchi de 11 pour cent pour s’établir à 3,91 milliards $ US.

Cette performance trimestrielle s’est avérée inférieure aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient en moyenne sur une perte ajustée par action de 1 cent US et des revenus en baisse de 10 pour cent, à 3,96 milliards $ US.

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