QUÉBEC – L’absence d’acceptabilité sociale à l’île d’Anticosti ne sera pas prise en compte au moment de décider si un projet d’exploration d’hydrodcarbures peut passer à la prochaine étape, a déclaré jeudi le ministre de l’Environnement, David Heurtel.

M. Heurtel a affirmé que l’opposition de la population, exprimée par son maire John Pineault, ne sera prise en considération qu’au moment de statuer sur une éventuelle exploitation.

La société Pétrolia a déposé en février une demande d’autorisation pour effectuer des forages par fracturation hydraulique, une méthode d’exploration controversée.

L’entreprise, qui espérait obtenir ce certificat d’autorisation d’ici la fin d’avril, s’est heurtée en début d’année à l’opposition du premier ministre Philippe Couillard à cette deuxième étape du programme d’exploration.

Le cabinet de M. Couillard a par la suite indiqué qu’il respecterait une entente liant le gouvernement, qui prévoit de la fracturation à petite échelle.

Dans les jours qui ont suivi son élection à la mairie de la municipalité de L’Île-d’Anticosti, au début du mois, M. Pineault a fait parvenir une lettre à M. Heurtel pour réclamer la suspension des activités d’exploration en raison de l’absence d’acceptabilité sociale.

Jeudi, dans un point de presse, M. Heurtel a affirmé que la demande d’autorisation de Pétrolia est toujours en cours d’analyse par son ministère.

«Au niveau de la demande de certificat d’autorisation pour trois forages exploratoires, c’est vraiment une analyse scientifique basée sur de la réglementation scientifique, a-t-il dit. Ce n’est pas à la discrétion du ministre, ce n’est pas une décision où le ministre intervient de façon discrétionnaire ou arbitraire.»

L’avis exprimé par M. Pineault, au nom de la population, fera partie des éléments qui serviront à établir si un éventuel projet d’exploitation bénéficie de l’appui local, a indiqué le ministre.

«C’est sûr que l’acceptabilité sociale est un pilier fondamental de n’importe quelle prise de décision pour un projet d’exploitation aussi massif que celui d’Anticosti», a-t-il dit.

M. Heurtel n’a pas été en mesure de préciser quand l’entreprise, qui souhaite faire ses trois forages l’été prochain, recevra la décision relative à sa demande de certificat.

«On dépend de l’information que Pétrolia nous donne, a-t-il dit. Donc quand l’information n’est pas nécessairement complète, il faut revenir, ravoir d’autres informations. Ça va prendre le temps que ça prendra.»

En Chambre, jeudi, la députée de Québec solidaire, Manon Massé, a demandé à M. Heurtel de rencontrer le maire de la municipalité insulaire.

«La tension monte à Anticosti et la communauté est inquiète, a-t-elle dit. Des forages avec fracturation hydraulique pourraient avoir lieu cet été. Le maire d’Anticosti fait son travail, il protège le droit de ses concitoyens.»

Selon Mme Massé, le gouvernement doit renoncer à émettre les certificats demandés par Pétrolia.

«Si on ne veut pas exploiter, pourquoi explorer? Le pdg de Pétrolia veut imposer un contrat commercial, a-t-elle dit. Le maire d’Anticosti veut simplement que le gouvernement respecte le principe de l’acceptabilité sociale.»

Jusqu’ici, Pétrolia n’avait effectué que des sondages stratigraphiques sur l’île d’Anticosti, première étape du programme d’exploration, dont le gouvernement québécois est un partenaire financier.

En février, M. Couillard s’était engagé à «tout faire» pour empêcher la fracturation hydraulique à Anticosti.

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