Lars Hagberg Bruce Donaldson. Lars Hagberg / La Presse Canadienne

OTTAWA – Un ancien commandant de la Marine royale canadienne estime que la Défense nationale est souvent paralysée par des fonctionnaires frileux et des politiciens qui tergiversent.

Le vice-amiral à la retraite Bruce Donaldson, qui était il y a quelques années encore numéro deux dans l’état-major canadien, soutient dans un mémoire au gouvernement Trudeau que le système actuel est conçu de telle sorte que les fonctionnaires et les ministres évitent de prendre des risques et d’avoir des comptes à rendre.

Cette prudence extrême pousse le gouvernement fédéral à demander à des tiers une validation du travail déjà accompli en amont, ce qui prolonge les délais d’exécution et reporte les résultats concrets, a écrit M. Donaldson. Selon l’ancien vice-chef d’état-major, cette tendance est encore plus répandue depuis le fiasco politique qui a entouré le controversé programme d’achat de chasseurs furtifs américains F-35.

Les Canadiens pourraient croire à des économies, selon lui, mais les retards ont un coût et pendant ce temps, les militaires ne disposent pas du matériel et du soutien requis. M. Donaldson, qui a pris sa retraite de l’armée en 2013, soutient aussi que les Canadiens n’ont pas une idée juste des finances publiques, et croient que les sommes consacrées au renforcement de la capacité militaire du pays constituent en soi du gaspillage.

Le gouvernement libéral a tenu cette semaine à Vancouver sa première «table ronde informative» avec des intervenants dans le cadre des consultations publiques lancées plus tôt ce mois-ci pour «éclairer» le ministre de la Défense, Harjit S. Sajjan, dans l’élaboration d’une nouvelle politique de défense pour le Canada — ce qui ne s’était pas fait depuis plus de 20 ans.

D’autres rencontres doivent avoir lieu jusqu’en juillet, notamment à Toronto le 20 mai, puis à Yellowknife, Edmonton, Montréal et Halifax. Les Canadiens peuvent aussi prendre part au processus de consultation en ligne.

La table ronde de Vancouver a aussi entendu les commentaires de l’Association des industries canadiennes de défense et de sécurité, qui a déploré que le Canada n’ait pas déterminé précisément quels secteurs de l’industrie doivent être prioritaires — sauf peut-être pour les chantiers maritimes, dans le cadre de la Stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale.

La directrice de l’association, Christyn Cianfarani, a ainsi soutenu que le gouvernement pourrait encourager par exemple les cybertechnologies, la cartographie et les communications dans l’Arctique, ou même les aéronefs sans pilote.

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