Les femmes qui ne détiennent pas de diplôme d’études secondaires (DES) gagnent à peine 63% du salaire de leurs vis-à-vis masculins, révèle une étude publiée jeudi par le Conseil du statut de la femme.

Le salaire médian d’une femme ayant travaillé en 2013 et ne détenant pas de diplôme a été de 16 571$, contre 26 425$ pour les hommes dans la même situation.

Il y a aussi un important écart dans le taux d’emploi des femmes et des hommes non-scolarisés, qui est de 38,3% chez ces femmes et 52,3% chez ces hommes, indique-t-on dans le rapport, qui se base sur des données de 2013 de Statistique Canada.

Pour la présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, il y a là une preuve que des stéréotypes persistent dans le marché de l’emploi. Les femmes non-scolarisées [qui n’ont pas de DES] auront tendance à rechercher des emplois «stéréotypiquement féminins» – serveuse, coiffeuse, préposée aux bénéficiaires – qui sont souvent sous-payés et précaires, selon elle.

«Ces emplois-là sont moins valorisés par la société que des emplois du même niveau de scolarité, comme ceux du milieu de la construction, affirme-t-elle. Historiquement, ce sont des emplois qui sont moins valorisés, mais qui ne sont pas forcément moins durs.»

Mme Miville-Dechêne se réjouit par contre que le taux d’emploi des femmes les plus scolarisées atteigne des niveaux comparables aux hommes. Chez celles qui détiennent un diplôme universitaire et qui ont travaillé à temps plein durant l’année étudiée, 81% détiennent un emploi, alors que 83,4% de leurs homologues masculins sont dans la même situation.

«C’est une tendance qu’on tend à oublier, puisqu’on s’intéresse juste aux femmes qui vont à l’université et qui réussissent.» – Julie Miville-Dechêne, présidente du Conseil du statut de la femme

Elle salue aussi les avancées importantes dans les taux de scolarisation des femmes, alors que le taux de décrochage chez les 15 ans à 24 ans atteint 6,7% chez les femmes et 11,4% chez les hommes.

«Le féminisme avait comme prétention de nous permettre d’arriver à l’égalité. On a fait d’énormes progrès en ce sens. Mais lorsqu’on regarde les femmes qui ont le moins de scolarisation, on a fait très peu de progrès», juge Mme Miville-Dechene, qui appelle les femmes non-scolarisées les «oubliées du féminisme».

Pour cette dernière, il faut encourager les femmes à intégrer des secteurs d’emploi qui sont traditionnellement réservés aux hommes, et qui sont parfois plus stables et plus payants.

«Il faut que les écoles mettent plus d’efforts pour que les filles soient au courant d’emplois plus payants et moins stéréotypés. Si elles ne poursuivent pas leurs études, il faut mettre des efforts importants pour diversifier leur choix d’emploi», croit-elle.

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