OTTAWA – Les arrêts de production de pétrole causés par le gigantesque incendie de forêt qui fait rage en Alberta pourraient avoir des conséquences plus larges pour toute l’économie canadienne, disent des experts.

L’urgence et l’ampleur de la catastrophe a forcé plusieurs entreprises pétrolières dans la région à cesser temporairement leurs opérations qui, combinées, produisent des centaines de milliers de barils de pétrole brut chaque jour.

Dans le passé, les fermetures soudaines dans cette industrie cruciale pour l’économie ont eu des impacts bien au-delà du secteur pétrolier, a dit jeudi l’économiste principal de la Banque de Montréal, Robert Kavcic.

Il a noté que le produit intérieur brut réel du secteur de l’énergie a chuté de 4,2 pour cent en mai 2011 après qu’un incendie de forêt eut dévasté la communauté albertaine de Slave Lake. Il a souligné que le brasier avait été suffisamment important pour faire passer l’économie canadienne en territoire négatif «au moins pour un mois».

À ce moment-là, Statistique Canada avait identifié le secteur du pétrole, du gaz et des mines comme étant la «source principale» derrière le déclin global du PIB réel en mai 2011.

Pour le deuxième trimestre de 2011, Statistique Canada a identifié à nouveau les feux de forêts, avec les fermetures pour fins d’entretien, comme facteur contributif à la baisse de 0,1 pour cent du PIB réel pour le Canada.

Une baisse de 3,6 pour cent du PIB réel ce trimestre dans le secteur du pétrole et du gaz a contribué à ce revirement, avait déclaré Statistique Canada à l’époque.

Cette fois-ci, des experts essaient toujours de se faire une idée sur les conséquences du brasier qui s’étend autour de Fort McMurray.

«Les analystes ne savent franchement pas la magnitude des arrêts de production potentiels ni leur durée», est-il indiqué dans une note de recherche transmise aux clients jeudi par les économistes Derek Holt et Dov Zigler de la Banque Scotia.

«Que cela ajoute un sérieux vent de face à l’économie au deuxième trimestre est de plus en plus clair.»

La note renvoie aussi aux chiffres lamentables de mars en ce qui concerne les échanges commerciaux dévoilés plus tôt cette semaine. Ces chiffres commerciaux suggèrent aussi que la croissance économique du deuxième trimestre pourrait être décevante en raison de ce qui s’annonce être un faible départ après la fin du dernier trimestre.

«Le choc qui atteint le coeur du secteur énergétique du Canada ne fait qu’ajouter au risque de très faible croissance du deuxième trimestre et des risques de décroissance», indique la note.

Mais même si l’économie retraite, M. Kavcic dit qu’elle pourrait se rétablir rapidement.

«Ce que vous pouvez voir habituellement, lorsque des choses comme cela se produisent, est que la destruction est manifestement temporaire et vous voyez la croissance revenir dans les mois suivants ou dans le trimestre suivant», a-t-il dit.

«Et c’est précisément ce qui s’est passé en 2011».

Bien qu’il soit encore tôt pour tirer des conclusions, M. Kavcic croit que les arrêts de production semblent être beaucoup plus importants cette fois-ci.

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