Une centaine de personnes ont marché samedi dans les rues de Villeray avant d’occuper un terrain à côté de l’église de Dieu Centrale de Montréal située à l’angle de la rue Jarry et de l’avenue de Châteaubriand et fermée depuis 2011. Cette action concluait la campagne d’occupation de terrains et de bâtiments du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) lancée dimanche dernier.

La dizaine d’occupants comptent y demeurer au moins jusqu’à dimanche.

Tout au long de la semaine, des occupations ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec afin de dénoncer le manque de logements abordables disponibles dans la province. «Les gouvernements [provincial et fédéral] ont des responsabilités à l’égard du droit au logement. Et un des moyens de s’acquitter de ces responsabilités serait de financer un plus grand nombre de logements sociaux», a indiqué François Saillant, coordonnateur du FRAPRU. Il déplore néanmoins le manque «de volonté des gouvernements et l’absence d’investissement suffisant pour de développer des logements sociaux».

Organisée par l’Association des locataires de Villeray, un regroupement du FRAPRU, l’occupation de samedi visait à souligner le nombre croissant des constructions de condominiums dans l’arrondissement. «On tenait à faire une action dans Villeray, parce qu’il y a beaucoup de transformation dans les dernières années, a souligné Véronique Houle, organisatrice de l’Association des locataires de Villeray. Pas moins des 39% des condos de Villeray ont été construits en 2014 contre zéro logement social.»

À Montréal, les occupations qui ont eu lieu dans les quartiers de Saint-Henri et de Hochelaga-Maisonneuve ont duré plus de deux jours selon ce que rapporte M. Saillant. «À Québec, il a y eu un squat qui a duré plus de 24 heures. Mais c’est uniquement parce qu’il y a eu une intervention du Service de police de la ville de Québec qu’il n’existe plus. La volonté des gens c’était de le continuer.»

Aujourd’hui, l’objectif est de visiter des terrains où il serait possible d’avoir des logements sociaux ou des endroits symboliques qui auraient pu servir à des fins communautaires ou sociales. Au lieu de ça, il y a des condominiums. – François Saillant, coordonnateur du FRAPRU

Face à ces occupations les gouvernements de Québec et d’Ottawa sont restés muets, déplore le FRAPRU. «C’est la grande déception de la semaine. Il y a eu des actions qui ont été menées à travers le Québec et tout ce qu’on rencontre c’est le silence de la part des gouvernements. Or, il demeure des questions qui sont toujours sans réponse», rappelle M. Saillant. Par exemple, que compte faire Québec du programme AccèsLogis, le seul programme qui permet de financier de nouveaux logements sociaux?»

Au Québec, pas moins de 270 000 ménages auraient besoin d’un logement social subventionné, selon le FRAPRU. L’organisation s’interroge sur la manière dont Québec utilisera les 90M$ par année alloués par le fédéral pour des logements sociaux. «Les utilisera-t-il pour faire davantage de logements sociaux que les 1500 annoncés?» questionne M. Saillant.

Le FRAPRU se demande également si le gouvernement Trudeau «poursuivra les subventions à long terme aux 365 000 logements sociaux tous habités par des locataires à faibles revenus».

 

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