MONTRÉAL – Deux grands syndicats d’employés du ministère des Transports se disent peu surpris de la controverse qui ébranle depuis mercredi le MTQ. Ceux-ci demandent depuis des années que les contrats soient rapatriés à l’interne pour éviter différents problèmes comme ceux qui ont été soulevés.

Au cours d’entrevues jeudi, deux de ces syndicats ont rappelé qu’ils étaient intervenus à plusieurs reprises pour soulever certaines questions qui ont été évoquées: fractionnement des contrats pour passer sous le radar des appels d’offres, perte d’expertise au ministère des Transports, manque de protection des lanceurs d’alerte et autres.

Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec avait déjà dénoncé le fait que certains de ses membres, les vérificateurs, étaient sous l’autorité des directeurs régionaux du ministère, alors qu’ils devaient justement faire des vérifications sur leur travail, a rappelé le président du SPGQ, Richard Perron.

Or, cette situation délicate pour les vérificateurs vient justement d’être dénoncée dans la présente controverse au MTQ.

«On n’a pas de loi pour protéger nos membres qui divulguent des actes répréhensibles. Donc, ceux-ci se gardent bien de le faire, parce qu’ils ne veulent pas s’exposer à des sanctions. C’est la raison pour laquelle on a fait de la Loi pour la protection des divulgateurs notre cheval de bataille pour que justement, ces gens-là qui voient des choses… Nous, nos experts, ils sont placés stratégiquement partout dans les ministères et organismes pour bien voir ce qui ne va pas. Donc il faut leur donner la capacité de se délier la langue sans avoir peur de représailles», a plaidé M. Perron.

Le Syndicat des professionnels, qui représente quelque 1000 membres au MTQ, a souventes fois dénoncé la perte d’expertise dans les ministères, notamment aux Transports.

«Mes sorties à cet effet depuis les quatre dernières années se comptent par dizaines, plusieurs dizaines», s’est exclamé M. Perron.

Un autre syndicat qui représente 4500 ouvriers et fonctionnaires au ministère voit dans la controverse qui s’abat sur le MTQ une preuve supplémentaire du fait qu’il vaudrait mieux garder l’expertise et les contrats à l’interne plutôt que de les accorder en sous-traitance à des entreprises privées.

Le président général du SFPQ, Christian Daigle, martèle que le ministère des Transports devrait réembaucher des employés et garder les contrats à l’interne, pour éviter des problèmes liés, par exemple, au fractionnement des contrats — ce qui permet de passer sous le seuil du montant minimum requis pour procéder par appel d’offres.

«On avait dénoncé certaines choses lors de la Commission Charbonneau, et avant aussi, au niveau des contrats qui étaient attribués. On ne comprenait pas pourquoi il y avait autant de contrats (à l’externe) qui étaient attribués au ministère des Transports. Pourquoi on n’est pas capable d’avoir de l’expertise à l’interne et de garder ces gens-là à l’interne pour faire le travail? On diminue les fonctionnaires et on diminue les ouvriers, alors qu’on augmente le nombre de contrats tout le temps», s’est exlamé M. Daigle.

Selon lui, il est même moins coûteux de faire exécuter ces contrats à l’interne plutôt qu’à l’externe.

«Et il y aurait beaucoup moins de controverse par rapport à ça, parce que ce sont des gens du ministère qui feraient les travaux. Donc, il n’y aurait pas de difficulté à savoir ‘est-ce que ça a été donné à un ami ou pas à un ami’, ‘est-ce que c’est une compagnie qui a déjà eu quelque chose dans le passé’, peu importe. Ce serait des gens à l’interne qui sont tenus par un code de déontologie et ils sont surveillés par l’ensemble des gestionnaires en place. Donc, c’est sûr et certain qu’il y aurait beaucoup plus de contrôles, beaucoup plus de vérifications qui se feraient. Et on éviterait toute cette controverse-là», a lancé M Daigle.

Du côté du Bureau de l’inspecteur général de Montréal, le porte-parole Michel Forget a salué la nomination d’un inspecteur général au ministère des Transports. Il lui a offert son soutien et sa collaboration pour la mise en place de son bureau.

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