Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Le ministre Francois Blais

QUÉBEC – Le projet de réforme de l’aide sociale du ministre de l’Emploi François Blais a été la cible de critiques du milieu universitaire, lundi.

Un groupe de 287 professeurs et chargés de cours ont donné leur appui au Collectif pour un Québec sans pauvreté, qui réclame le retrait du projet de loi 70.

Le porte-parole du groupe, Serge Petitclerc, a affirmé que ces professeurs constatent qu’il est inacceptable de vouloir imposer des sanctions financières aux prestataires, tel que proposé dans le texte de M. Blais.

Selon le projet de loi, les nouveaux prestataires qui refuseraient de participer à un programme, qui pourrait les obliger à accepter un emploi, s’exposeraient à une réduction de leur chèque mensuel, qui totalise actuellement 623 $.

M. Petitclerc a participé à une conférence de presse, lundi, en compagnie de certains enseignants et chargés de cours qui appuient les demandes de son regroupement.

Professeure de relations industrielles à l’Université Laval, Sylvie Morel a affirmé que le projet de loi 70 renforçait les préjugés contre les prestataires.

«Cette approche de sanctions renforce les préjugés à l’endroit des personnes à l’aide sociale, on n’a pas besoin de ça, a-t-elle dit. Les personnes à l’aide sociale sont dans des cas de figure divers et ce qu’on montre est une caricature dénaturée.»

Christine Vézina, professeure adjointe de droit à l’Université Laval, a estimé que le projet de loi 70 et ses pénalités financières portent atteinte à plusieurs droits individuels.

Selon Mme Vézina, cette situation expose le gouvernement à des recours judiciaires.

«Pour pouvoir imposer un tel type de mesure, le gouvernement devrait démontrer qu’aucune autre mesure qui est moins attentatoire aux droits des personnes n’est disponible pour atteindre l’objectif de briser le cercle de la pauvreté, a-t-elle dit. Mais cette preuve n’a pas été faite.»

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