MONTRÉAL – La Confédération des syndicats nationaux (CSN) demande au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, d’instaurer un moratoire sur le transfert de personnel des CLSC vers les groupes de médecine familiale (GMF).

Le syndicat estime que le fait de précipiter la démarche porte directement atteinte aux usagers plus vulnérables.

«Les usagers qui vont au CLSC peuvent rencontrer immédiatement une travailleuse sociale ou une psychologue tandis que là, si on transfère les travailleuses sociales dans les GMF, il faut que tu sois inscrit à un médecin de famille pour avoir accès à un GMF, ce qui n’est pas le cas de la plupart de cette clientèle-là», a expliqué le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Des syndiqués ont manifesté à quelques endroits à Montréal, mercredi, pour soutenir cette demande de moratoire, faisant valoir que la situation est particulièrement inquiétante dans la métropole en raison d’une concentration beaucoup plus élevée qu’ailleurs de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, de dépendance et de pauvreté.

La CSN estime qu’il serait beaucoup plus prudent, à ce moment-ci, d’évaluer les conséquences de ce transfert.

La centrale déplore au passage le fait que le ministre Barrette ait imposé, sans aucune consultation, ces transferts de professionnels, notamment les travailleurs sociaux et psychologues, dont les services sont particulièrement demandés dans la métropole.

Le syndicat note d’ailleurs qu’il n’est pas le seul à s’inquiéter de cette situation, puisque plusieurs établissements ont pris la décision de ne pas précipiter ces transferts et de les reporter à plus tard.

Par ailleurs, la CSN s’inquiète de voir les ressources professionnelles psychosociales passer sous le contrôle des médecins, qui dirigeront les GMF; il s’agit là, selon elle, d’une possible atteinte à leur autonomie professionnelle.

«Ils vont être sous l’autorité du GMF. Le GMF, l’autorité, ce sont les médecins qui contrôlent les services qui sont dispensés dans le GMF», fait valoir M. Lacharité.

«Quand la personne va directement au CLSC, elle n’a pas besoin de passer par un médecin. Il y a un besoin psychosocial auquel on doit répondre et il y a un service qui est dispensé immédiatement par la travailleuse sociale, la psychologue ou autre.»

La CSN estime par ailleurs que le transfert du CLSC, une infrastructure publique spécialisée dans les soins de proximité, vers les GMF, des entités à but lucratif, représente un pas de plus vers une privatisation des services.

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