Jacques Boissinot Philippe Couillard, Dominique Anglade, Dominique Vien. Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Sur papier, les patrons apprécient les stratégies économiques adoptées par le gouvernement Couillard, mais ils ont hâte de voir quand et comment elles vont se concrétiser.

Les dirigeants de cinq organisations patronales rencontraient le premier ministre Philippe Couillard mercredi, afin de mieux connaître ses intentions en matière de développement économique, mais surtout promouvoir les priorités des gens d’affaires. La ministre de l’Économie, Dominique Anglade, et la ministre du Travail, Dominique Vien, participaient aussi à la rencontre.

«Les grandes stratégies sont là (numérique, énergétique, aéronautique), mais toutes ces stratégies-là et ces politiques-là, on doit les faire atterrir sur le terrain et les transformer en résultats concrets dans les entreprises», a fait valoir la vice-présidente de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), Martine Hébert, lors d’une brève mêlée de presse tenue en marge de la rencontre, qui s’est tenue aux bureaux du premier ministre pendant un peu plus d’une heure.

Les porte-parole patronaux sont revenus à la charge pour présenter leurs demandes habituelles: simplifier les processus destinés à attirer des entreprises et à approuver des projets, diminuer la bureaucratie, alléger la réglementation, assouplir les lois en matière d’environnement et les lois du travail.

«Le coffre à outils est très garni. Le nombre d’outils qu’on a au Québec, c’est incroyable», a renchéri le président du Conseil du patronat, Yves-Thomas Dorval, qui s’interroge cependant à savoir «comment faire atterrir ces plans, ces idées, ces actions en activités concrètes. On a un coffre à outils, mais encore faut-il utiliser la bonne clé et l’utiliser au bon endroit.»

M. Dorval a insisté pour dire que le gouvernement devait surtout éviter d’appuyer en même temps sur l’accélérateur et sur le frein, en dotant le Québec de belles stratégies qui seraient aussitôt court-circuitées par une réglementation trop lourde.

Il a ajouté que ce qui importait le plus pour les gens d’affaires, c’était de pouvoir compter sur un environnement d’affaires stable et prévisible.

Patient, le président de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Éric Tétreault, s’est dit quant à lui satisfait de l’intérêt porté par le gouvernement au secteur manufacturier. Il a fait valoir que dans un contexte de croissance économique lente, on ne pouvait pas espérer des résultats à court terme des initiatives gouvernementales. «Les outils sont là, le budget (Leitao) était favorable à ça, on a un gros coup de pouce donné au secteur manufacturier. Je dis qu’il faut laisser un peu de temps au temps», a commenté M. Tétreault, convaincu qu’il fallait tenir compte du fait que la croissance économique était actuellement très faible «partout dans le monde».

Étaient aussi présents à la rencontre le président par intérim de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), Stéphane Forget, et le président du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ), Monsef Derraji.

De son côté, la ministre de l’Économie, Dominique Anglade, a constaté avec satisfaction que le gouvernement et les entrepreneurs étaient bien «alignés» sur les mêmes priorités.

Elle a convenu que son gouvernement devait accélérer l’adoption de certains projets et se montrer plus proactif «sur le terrain» pour soutenir les entreprises, notamment par l’entremise d’Investissement Québec.

La ministre s’est engagée à organiser cet automne un «rendez-vous» sur l’emploi et la main-d’oeuvre, pour stimuler l’économie.

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