Josie Desmarais/Métro

MONTRÉAL – La presque totalité des associations patronales de l’industrie de la construction font maintenant front commun, parce qu’elles craignent les «conséquences énormes» du transfert de centaines de millions de dollars de travaux de construction vers les municipalités. Et jeudi, elles ont demandé l’intervention de la ministre du Travail, Dominique Vien.

Le projet de loi qui inquiète tant l’industrie est défendu par le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux. En fait, c’est un article du projet de loi qui lui fait craindre au plus haut point pour la survie même de petites entreprises de construction, dans toutes les régions du Québec.

«C’est toute l’industrie qui est inquiète, ce sont les syndicats et les employeurs également. Les conséquences économiques vont être assez énormes pour l’industrie de la construction, probablement environ 7500 travailleurs qui vont être touchés. L’inquiétude qu’on a, c’est que ça pourrait faire très mal à l’industrie de la construction», s’est exclamé en entrevue François-William Simard, vice-président communications et marketing à l’APCHQ (Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec).

La clause en question permettra aux municipalités de faire effectuer par leurs salariés permanents des travaux de rénovation et de modification à leurs bâtiments, plutôt que de faire appel aux entreprises de construction. Il pourra s’agir de travaux de «déconstruction-reconstruction», de changer la fenestration, par exemple, de changer des cloisons.

D’après une évaluation de la Commission de la construction, 6,9 millions d’heures de travail pourraient être perdues dans l’industrie au profit des municipalités, soit 5 pour cent du total des heures réalisées dans l’industrie de la construction.

Les quatre principales associations patronales de l’industrie, ainsi que deux corporations, ont donc adopté une position commune, jeudi.

«Ça inquiète vraiment nos entrepreneurs. On a des entrepreneurs dans toutes les régions du Québec. On sent que ça devrait toucher les petits entrepreneurs et surtout en région. Il y a des entrepreneurs qui sont inquiets pour la survie de leur entreprise, surtout quand on est dans une période de ralentissement économique» dans l’industrie, a déploré Manon Bertrand, présidente de l’Association de la construction du Québec, au cours d’une entrevue.

Toute l’industrie déplore d’avoir été peu ou pas consultée et de l’avoir appris à la dernière minute. Le projet de loi porte en fait sur diverses dispositions législatives en matière municipale.

Appel à Vien

Les associations patronales demandent également l’intervention de la ministre du Travail, Dominique Vien, qui est chargée de l’application de la loi R-20. Il s’agit de la loi qui encadre l’industrie de la construction.

Les associations l’ont trouvée fort silencieuse jusqu’ici, laissant toute la place à son collègue Coiteux, des Affaires municipales.

«On n’a pas réussi à lui en parler. On voudrait qu’elle soit sensibilisée et qu’on puisse lui en parler, parce que c’est vraiment quelque chose de très important pour notre industrie», a plaidé Mme Bertrand.

«On lui demande d’intervenir. On aimerait pouvoir la rencontrer très rapidement, toutes les associations patronales, pour qu’on puisse ensemble regarder les impacts possibles (…) et ensuite, regarder les alternatives», a suggéré M. Simard.

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