Mathias Marchal La Miirai de Toyota roule pour l'instant uniquement au Japon, dans quelques États américains et une demi douzaine de pays européens.

Un comité de réflexion sera formé pour piloter le projet-pilote de stations multicarburants indispensable au déploiement de l’auto à hydrogène au Québec a annoncé jeudi, le ministre des Ressources naturelles Pierre Arcand, dont le cabinet n’a pas voulu donner plus de détails quant à l’échéancier.

«Aujourd’hui, nous n’avons qu’une seule station de ravitaillement en hydrogène [à l’UQTR], mais d’ici 2030, on espère en avoir partout au Québec en déployant notamment des stations multicarburants où l’on pourrait s’approvisionner en essence, mais aussi en électricité, en biocarburants, en gaz naturel et en hydrogène», a déclaré le ministre lors d’une conférence commanditée par Toyota qui en profitait pour présenter sa Mirai, un modèle de voiture où l’hydrogène alimente une pile qui fournir de l’électricité.

Ce type de véhicule, où le plein se fait en 5 minutes, revendique une autonomie de 500km. Mais la technologie ne fait pas l’unanimité. «La Mirai coûte 70% de plus qu’une Volt (hybride rechargeable), l’hydrogène produit 10 fois plus de GES que l’hydroélectricité québécoise (en Amérique du Nord, l’hydrogène est surtout produit à partir de gaz de schiste), et il coûte au final six fois plus cher à produire que l’électricité», souligne Pierre Langlois, physicien et auteur du livre Rouler sans pétrole.

Du côté de Toyota, on souligne que le Québec, riche en eau, serait capable de produire de l’hydrogène par électrolyse, une méthode considérée plus propre. Malgré tout, la Mirai n’est pas prête de rouler au Québec. «Le défi, c’est de trouver des partenaires pour construire suffisamment d’infrastructures de remplissage. À titre d’exemple, la Californie disposera de 70 stations l’année prochaine et de 100 en 2020», indique John-Paul Farag, consultant chez Toyota Canada.

Le consultant automobile Marc Bouchard croit de son côté que l’auto à hydrogène est complémentaire de l’auto électrique. «L’hydrogène, ça ne change pas trop la vie des automobilistes, comparé à une auto 100% électrique. Tu fais le plein rapidement, il y a de l’autonomie alors qu’avec un véhicule électrique le rayon d’action est moins grand et le temps de recharge dure entre 30 minutes et 4 heures si la borne n’est pas occupée», souligne-t-‘il.

Une opinion que ne partage pas l’ancien ministre Daniel Breton qui a cosigné le Guide de l’auto électrique. «La première fois que j’ai entendu parler de l’hydrogène, c’était en 1976. On nous présentait ça comme la prochaine révolution», ironise-t-il.

M. Breton ne croit pas que la technologie permettrait de convaincre plus facilement les automobilistes frileux d’abandonner les véhicules à essence. «Plutôt qu’une auto à hydrogène, qui n’est de toute façon pas encore commercialisée, je suggère plutôt de choisir une auto hybride à essence qui coute le même prix qu’une auto classique en consommant 40% de moins. Après, on peut passer à l’hybride rechargeable et, finalement, faire le saut vers une auto 100% électrique, conclut-il.

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