Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Le syndicat qui représente les réalisateurs de Radio-Canada au Québec et à Moncton craint qu’un lock-out soit décrété par la direction, devant le peu de progrès à la table de négociation.

La convention collective de ces réalisateurs est échue depuis décembre 2014 et, malgré des séances de négociation et une période de conciliation, les parties sont très loin d’une entente.

Au cours d’une entrevue jeudi, Luc Tremblay, qui dirige le comité de négociation de l’Association des réalisateurs, a affirmé que le syndicat souhaitait poursuivre la négociation cet automne.

Une offre finale et globale a été déposée par la partie patronale le 23 juin, mais le syndicat n’a pas l’intention de la présenter à ses membres, parce qu’il estime qu’elle n’est pas légale, a expliqué M. Tremblay. Les parties ne s’entendent pas, en effet, quant à la définition même de l’unité d’accréditation syndicale.

«Radio-Canada veut restreindre la juridiction des réalisateurs seulement à la radio et à la télé.» Or, Radio-Canada exploite plusieurs plateformes au-delà de la radio et de la télé, a plaidé M. Tremblay.

Plusieurs points sont en litige, comme la progression dans les échelons de salaires, les conditions de travail des réalisateurs qui sont à contrat, l’autorité et les pouvoirs des réalisateurs, de même que l’ancienneté.

M. Tremblay affirme que la direction de Radio-Canada veut imposer aux réalisateurs du Québec et de Moncton des conditions de travail différentes de celles des réalisateurs du reste du Canada.

«C’est un deux poids deux mesures qu’on ne s’explique pas. Au niveau des salaires, Radio-Canada veut que tous les échelons de progression salariale des réalisateurs soient discrétionnaires, liés à une évaluation. Si tu ne réponds pas aux attentes, tu n’as pas ton augmentation. Ça n’existe pas ailleurs dans la compagnie», a illustré M. Tremblay.

Le syndicat craint maintenant qu’un lock-out soit décrété par la direction, devant l’impasse. «Radio-Canada joue clairement cette partie-là. Ils nous l’ont dit quand ils ont déposé (leur offre finale et globale, le 23 juin): ‘si vous n’acceptez pas cette offre-là, on n’exclut pas le recours au lock-out’ », a rapporté M. Tremblay.

Direction

Du côté de la direction de Radio-Canada, la porte-parole, Marie Tétreault, a fait savoir que «la société est déçue et regrette la décision des représentants de l’Association des réalisateurs».

Elle confirme que «dans les circonstances, toutes les options vont être évaluées dans les prochains jours», incluant le droit patronal au lock-out. «Absolument, y compris l’option d’avoir recours au lock-out, qui a été acquis le 15 mai dernier», a ajouté Mme Tétreault.

Les négociations sont au point mort. Elle confirme qu’aucune autre rencontre n’a été prévue lorsque les offres patronales finales ont été déposées, le 23 juin dernier.

L’Association des réalisateurs représente 250 réalisateurs qui travaillent à la radio et à la télévision, aux nouvelles et aux différentes émissions, et ce, au Québec et à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

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