Atalante Richard Henry Bain

MONTRÉAL – Les jurés au procès de Richard Henry Bain ont entendu jeudi l’enregistrement d’une conversation téléphonique que l’accusé avait eue avec une journaliste de la radio montréalaise CJAD deux semaines après l’attentat du Métropolis, en 2012, où il plaide la «partition» de Montréal.

Dans cette entrevue accordée hors antenne, l’accusé précise sa vision, «transmise par Dieu», d’une province de Montréal séparée du reste du «Québec séparatiste», où anglophones et francophones vivraient en harmonie. «C’est une vision que je tiens de mon Dieu, le dieu d’Abraham», précise Bain à la journaliste de la station anglophone montréalaise.

Appelée à la barre, Trudie Mason, de CJAD, a indiqué aux jurés que c’est M. Bain qui avait téléphoné à la station, du centre de détention de Rivière-des-Prairies, le 19 septembre 2012, deux semaines après l’attentat du Métropolis.

Richard Henry Bain, âgé de 65 ans, est notamment accusé du meurtre prémédité du technicien de scène Denis Blanchette, lors de la victoire électorale de la chef péquiste Pauline Marois, célébrée au Métropolis le 4 septembre 2012. Il est aussi accusé de trois chefs de tentative de meurtre et d’incendie criminel.

Dans l’entrevue à CJAD, Bain plaide que l’île de Montréal, majoritairement fédéraliste selon les sondages, devrait «se séparer des séparatistes» du reste de la province.

À un certain moment, la journaliste Mason demande à Bain s’il a l’intention de plaider la maladie mentale au procès, mais l’accusé refuse de discuter des procédures. Il refuse aussi de préciser s’il s’était rendu au Métropolis ce soir-là pour assassiner Mme Marois.

En contre-interrogatoire, Alan Guttman a demandé à Mme Mason comment elle qualifie un homme, accusé de meurtre, qui appelle de sa prison pour livrer sa vision, transmise par Dieu. «Je me suis dit que cet homme avait vraiment une idée en tête», a-t-elle répondu.

Les 14 jurés ont aussi écouté jeudi la bande audio d’une entrevue accordée par Bain quatre mois après les événements du Métropolis au chroniqueur judiciaire Claude Poirier, alors à TVA. L’accusé y reprend sa rhétorique politique, mais M. Poirier veut surtout savoir s’il regrette les événements du 4 septembre. Richard Bain élude les questions et maintient qu’il est innocent jusqu’à preuve du contraire.

Le procureur de la Couronne Dennis Galiatsatos a par ailleurs indiqué qu’il n’aurait plus de témoins à appeler à la barre après les audiences de jeudi après-midi.

Le dernier élément de preuve présenté par la Couronne a été une entrevue sur vidéo du frère de l’accusé, Robert, qui s’est entretenu avec la Sûreté du Québec en octobre 2012.

On peut y voir Robert Bain, en larmes, dire au policier qu’il est surpris et ne se serait jamais attendu à un tel geste de la part de son frère. Il dit au policier avoir vu son frère dans un hôpital à Montréal le jour de la fusillade.

«(Avant de partir, il m’a) demandé où était le Métropolis, affirme-t-il. Je lui ai dit que je l’ignorais — encore aujourd’hui je ne le sais pas.»

Le procès doit reprendre le 18 juillet, alors que Me Guttman commencera à présenter la preuve de la défense.

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