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Près des trois quarts des automobilistes craignent que la légalisation de la marijuana ait un impact négatif sur la sécurité routière, selon un sondage du CAA-Québec qualifié de propagande par un défenseur de la controversée substance.

Selon le sondage en ligne, réalisé entre le 13 mai et le 12 juin, 90% des 1299 membres du CAA-Québec interrogés craignent que le nombre d’incidents augmente. En outre, 78% pensent que la marijuana au volant est aussi dangereuse que l’alcool et 80% souhaitent que ce soit tolérance zéro concernant le cannabis au volant. Au moment de publier, il avait été impossible d’obtenir les données détaillées du sondage.

«Sachant les efforts déployés en matière de sécurité routière, la légalisation du cannabis ne doit pas se faire au détriment de celle-ci», indique Sophie Gagnon, vice-présidente communications et affaires publiques à CAA-Québec. Elle souligne que son organisation ne prend pas position sur le bien-fondé ou non de la légalisation promise pour 2017 par le gouvernement Trudeau.

Dans l’État de Washington, qui a légalisé la marijuana récréative en 2012, le taux de conducteurs qui avaient du THC (la substance psychoactive du cannabis) dans le sang lors d’un accident causant la mort est passé de 8,3% à 17%.

Pour Adam Greenblatt, fondateur à Montréal de la clinique Santé Cannabis, «ce sondage du CAA-Québec vise à diaboliser la marijuana». Même si des statistiques confirment que le risque d’être impliqué dans un accident grave ou mortel est multiplié par deux lorsque le conducteur a fumé de la marijuana, M. Greenblatt souligne que le même taux est multiplié par 21 quand le conducteur a deux fois plus d’alcool dans le sang que la limite légale.

Selon une revue de la littérature scientifique effectuée en 2015, l’Institut national de la santé publique souligne ainsi les difficultés de mesurer précisément comment la marijuana affectait les capacités de conduite. Parmi les raisons invoquées, les auteurs mentionnent «le profile pharmacologique particulier du cannabis», le fait que les réactions à la substance sont propres à chaque utilisateur et que dans les cas de mélanges entre alcool et drogues, il était difficile de dire quelle substance était prépondérante pour expliquer l’accident.

M. Greenblatt souligne néanmoins que ce genre de débat permet de souligner le manque de données scientifiques qui permettraient d’orienter le débat. Par exemple: faut-il ou non établir une limite comme celle de la quantité d’alcool dans le sang? Au moins trois États américains l’ont fixé à 5 nano grammes de THC par millilitre de sang.

Or, un conducteur pourrait très bien être en dessous de la limite et être inapte à conduire alors que l’inverse peut aussi être exact. En outre, le taux de THC dans le sang n’évolue pas de la même façon selon les consommateurs et les délais d’administration du test au poste de police rendent l’analyse des résultats plus difficile.

Plusieurs intervenants, dont la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), recommandent plutôt de s’en tenir notamment aux épreuves de coordination de mouvements qui sont déjà en vigueur pour détecter les conducteurs ayant les facultés affaiblies. «Les policiers ont déjà tous les moyens en leur possession», affirme Mario Vaillancourt, porte-parole de la SAAQ.

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