collaboration spéciale «Quand on est mandaté comme liquidateur et que la succession est relativement simple, on est parfaitement capable de la liquider soi-même», explique Caroline Le Dû, avocate et directrice du service-conseil chez Desjardins.

Plus de 50% des gens n’ont pas de testament, dont près de 25% des 55 ans et plus. Ce qui est susceptible d’entraîner certaines complications pour les proches lorsqu’une personne meurt. Dans cette série de six reportages, nous explorons les enjeux liés à la transmission du patrimoine et des pistes de solution qui peuvent être envisagées.

Se voir nommé liquidateur d’une succession par un ami proche ou un membre de la famille est une belle marque de confiance. Mais est-on conscient de toutes les responsabilités qui viennent avec ce rôle? En voici un aperçu. «Digne de confiance, rassembleur, intègre, transparent: ce sont des qualités qu’on recherche chez un liquidateur, dit la notaire Danielle Beausoleil. C’est une responsabilité, mais aussi tout un honneur!»

Quant aux responsabilités, Caroline Le Dû, avocate et directrice du service-conseil chez Desjardins, se fait rassurante: «Quand on est mandaté comme liquidateur et que la succession est relativement simple, on est parfaitement capable de la liquider soi-même.»

Il y a tout de même une «liste d’épicerie» à suivre. Car les étapes sont nombreuses et doivent être accomplies avec diligence: faire respecter les volontés du défunt quant à la disposition de son corps, dresser le bilan des actifs et des passifs pour savoir si la succession est solvable, administrer les biens du défunt, liquider ce qui doit l’être, puis distribuer l’héritage.

Une lourde responsabilité
Considérant l’ampleur de la tâche, Cécile Gladel, 49 ans, une immigrante française établie au Québec depuis plusieurs années, a décidé de nommer plus d’un liquidateur dans son testament. «Il y a cinq personnes au total, qui ont toutes des tâches différentes.»

Cécile Gladel devait prendre en considération l’éloignement de sa famille, en plus du fait qu’elle n’a ni enfant ni conjoint. «Au départ, j’ai failli nommer ma sœur, qui vit en France, raconte-t-elle. Mais elle ne connaît pas le pays. Il était plus simple que je choisisse des gens au Québec pour liquider mes biens, dont un duplex que j’ai acheté avec un couple d’amis.»

Ce sont les deux membres de ce couple d’amis qui seront ses liquidateurs au Québec. Le liquidateur peut, à sa discrétion, aller chercher l’aide dont il a besoin, et cette aide lui sera remboursée à même la succession.

Quand on nomme un liquidateur au sein de la famille, il est plutôt rare que cette personne soit rémunérée. «Le testateur peut néanmoins décider de l’avantager, en lui léguant une part plus importante de l’héritage», précise Mme Le Dû.

De plus, le liquidateur peut en tout temps se faire rembourser ses dépenses, des frais de déplacement, par exemple. Et libre à lui de solliciter l’aide d’un notaire qui, lui, sera rémunéré pour son travail.

Cécile Gladel a pour sa part suivi les conseils de sa notaire: «J’ai prévu dans le testament un montant fixe pour ceux et celles qui avaient un rôle à jouer dans la liquidation de ma succession.»

Comme l’explique Mme Le Dû, «plusieurs décisions fiscales auront été prises bien avant le décès du testateur, comme le choix de recourir à un gel successoral, une fiducie ou le roulement des REER vers le conjoint ou la conjointe.»

Il incombe néanmoins au liquidateur de bien gérer les avoirs du défunt pendant toute la durée de la liquidation. Et cette période peut être longue: «Une liquidation prend de six mois à un an, selon la complexité de la succession.» L’argent pourra être placé pendant ce temps. Il est donc impératif, selon Danielle Beausoleil, d’avoir une confiance absolue envers le liquidateur: «Il faut que ce soit la personne en qui on a le plus confiance sur la Terre!» Cela, afin d’éviter qu’elle ne parte avec la cagnotte…

Aussi dans Argent :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!