Meryl Streep et Hugh Grant.

Le Hugh Grant que Métro rencontre est très poli. Pourtant, l’acteur, désormais âgé de 55 ans, a la réputation d’être distant avec les journalistes. Parfois même sur ses gardes. Il n’aime pas se faire dire qu’il est génial et il a même tenté de se couper momentanément de l’industrie du cinéma. (Il a passé les cinq dernières années à travailler avec Hacked Off, une organisation qui conscientise le public aux médias qui hackent les téléphones des civils afin de trouver des sujets.) Mais durant la tournée de presse qui marque la sortie de Florence Foster Jenkins, l’acteur est de bonne humeur.

Se déroulant dans les années 1940 et réalisé par Stephen Frears, ce biopic raconte l’histoire de «la pire chanteuse de tous les temps». Meryl Streep incarne cette vocaliste de la haute société, tandis que Grant se glisse dans le rôle de son mari. Un homme fourbe qui s’est mis en couple avec la fameuse Florence Foster Jenkins pour son argent mais qui, au fil du temps, a fini par en tomber sincèrement amoureux.

La première fois que j’ai entendu des chansons de Florence Foster Jenkins, j’étais très jeune. Qu’en est-il de vous?
Quand j’étais ado, plusieurs personnes s’amusaient à se passer ses cassettes. C’était l’équivalent des phénomènes viraux d’aujourd’hui. C’était hilarant.

Si drôle que soit sa voix, inévitablement, il y a un moment où on commence à se sentir mal de rire de cette femme qui était convaincue qu’elle pouvait chanter… sans le pouvoir réellement.
C’est là que réside le génie de ce film: prendre quelque chose de fondamentalement comique et en faire ressortir tout l’humanité. C’est une chose dans laquelle Stephen Frears est pas mal bon : désorienter les spectateurs, jouer avec leurs émotions en mélangeant les genres et les tons.

Est-ce qu’il a été plutôt non interventionniste par rapport à votre performance, qui est très méticuleuse?
Il me faisait confiance. Cela dit, j’ai en effet été très méticuleux dans mon jeu. Reste que c’était davantage en raison de la crainte que d’autre chose. Un an est passé entre le moment où j’ai signé mon contrat pour ce rôle et le début du tournage. Je ne savais pas comment gérer mes peurs. Je me réveillais au milieu de la nuit en criant: «Putain! Je dois faire des scènes émotives avec  Meryl Streep!» (Rires)

Comment avez-vous géré ce problème?
J’ai découvert que faire de la recherche sur le personnage m’aidait à apaiser mes nerfs. Je n’ai jamais été aussi bien préparé de ma carrière. J’ai passé le scénario au peigne fin environ cinq fois en me demandant: «Pourquoi je dis ça? Pourquoi je ramasse cet accessoire?» C’était du Stanislavski à l’extrême – et probablement complètement futile.

Comment c’était de jouer avec une Meryl Streep fâchée?
Très, très épeurant. Elle ne vous hurle pas après, mais vous pouvez voir toute la rage qui bout en elle.

Est-ce que vous avez fini par être moins terrifié de lui donner la réplique?
On s’y habitue. Il faut dire qu’on est très concentrés pendant le tournage, ce qui est une bonne chose. Compte tenu des longues heures que les acteurs passent sur les plateaux, il arrive que les choses dérapent et qu’on se mette à déconner. Tout commence de façon très sérieuse, puis ça devient profondément absurde et, finalement, si vous êtes comme moi et Sandra Bullock (à l’époque où nous avons partagé l’affiche de la comédie romantique Two Weeks Notice), vous vous retrouvez couchés sur le sol, en proie à des fous rires incontrôlables et incapables de terminer une prise. Ce n’était pas le cas avec Meryl.

Pensez-vous que ce genre de peur – celle de travailler avec Meryl Streep, par exemple – peut être une bonne chose? Que ça vous pousse à essayer quelque chose de différent?
Une moitié de vous veut fuir, l’autre tente de la convaincre de rester. Si vous fuyez, vous ne vous le pardonnerez jamais. Donc, vous y allez. Une fois que c’est fini, vous vous sentez beaucoup plus satisfait de vous-même.

Florence Foster Jenkins
Présentement en salle

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