Mario Beauregard/Métro De gauche à droite : Kilojules, Luis Clavis, Doc, Tõ et France, de Valaire.

Le cœur léger et l’estomac un peu barbouillé après avoir gagné, la veille, un prix lors d’un gala de la SOCAN bien arrosé, les gars de Valaire (le «Misteur» a pris le bord ce printemps) se sont attablés dans un café de l’avenue Laurier pour parler de leur nouvel album, Oobopopop.

Quelques heures plus tôt, dans un état joyeusement second, Luis Clavis, percussionniste et chanteur de Valaire, avait d’ailleurs remis sa plaque (il a gardé la médaille qui l’accompagnait) à une certaine Monique afin de la remercier de lui avoir offert un coupon rabais pour un trio dans un établissement de restauration rapide. D’humeur joyeuse, on disait!

Et le thème est cohérent puisque le nouvel effort du quintette de Sherbrooke, disponible depuis aujourd’hui, est tout en bonheur, en danse et en soleil.

Rencontre, donc, avec Luis, Tõ et Doc. Les deux autres membres du groupe, France et Kilojules, jasaient avec un autre journaliste (snif).

«On s’est fait plaisir avec cet album-là», lance Tõ. «On voulait casser la roue qu’on avait faite avec Bellevue [l’album précédent du groupe, paru en 2013], qui était froid, carré et un peu plus agressif, indique Doc. On voulait ramener la joie de vivre, ramener le groove. On va essayer de prolonger l’été. L’automne frappe à nos portes du matin.»

«Chaque album est une transition en soi, ajoute Luis. Avec Bellevue, on voulait un truc dansable, de façon agressive parfois, pour aller chercher un dance floor. Ça marche aussi, mais ce qu’on appréciait le plus dans le show, c’étaient les petits moods funky.»

Et le funk, la soul, ils les ont trouvés à Lafayette, gentiment sacrée la «Trois-Rivières de la Louisiane» durant l’entrevue, où ils se sont installés pour composer Oobopopop.

«Le mot d’ordre au départ était de faire quelque chose de joyeux, d’ensoleillé et de facile à écouter, explique Tõ. On est allés voir ben des shows là-bas, dans des bars, des petites places. L’énergie que les bands envoyaient nous a inspirés. Le son s’est concrétisé sur place.»

«Nous voulions faire du bien aux gens et leur mettre un sourire dans la face. C’est ça qui est le plus fort, et c’est ce qu’on arrive le mieux à faire.» – Luis Clavis, percussionniste et chanteur de Valaire

Habitué à sortir des opus plutôt éclectiques, Valaire espérait produire un ensemble plus cohérent cette fois-ci. «Bellevue, c’étaient de bonnes tounes qui étaient un peu loin entre elles, indique Doc. Avec Oobopopop, on a voulu homogénéiser tout ça» (félicitations de la part de tout le monde autour de la table pour avoir réussi à prononcer «homogénéiser» du premier coup).

«On est fiers d’avoir réussi notre mandat, ajoute Tõ. On a été plus critiques pour la direction de l’album.»

«Par le passé, je dirais qu’il y avait un peu moins d’engouement à l’idée de sortir le disque plutôt que de juste le rendre disponible pièce par pièce, affirme Luis. Cette fois, j’ai vraiment hâte de le lancer.»

Belle rencontre

En plus de l’influence louisianaise, le son, le funk d’Oobopopop est le fruit d’une rencontre avec le chanteur Alan Prater (The Brooks), dont la voix vient appuyer le travail musical de Valaire sur plusieurs pièces de l’album.

Une fois rentrés de Lafayette avec leur matériel en poche, les gars du groupe ont communiqué avec la légende montréalaise de la soul. «On l’a fait venir pour une ou deux tounes au départ, et finalement, on s’en est clenché trois dès la première session, explique Luis. On l’a rappelé pour une deuxième session un peu plus tard.»

«Les paroles de l’album sont légères et sans prétention, mais elles prennent leur sens avec sa voix», ajoute Luis.

Prater accompagnera le groupe en tournée.

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